‹ Étude sur les plaies pénétrantes des articulations par instruments piquantsChapitre 8 sur 18 · DO) EE · texte numérisé non relu

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prennent les phénomènes inflammatoires qui accompagnent si souvent les plaies pénétrantes : nous voulons parler de l’arthrite traumatique. Toutefois, cette inflammation n’est pas fatale ; l'absence serait même la règle pour bon nombre de plaies piquantes, si les malades se résignaient à se traiter convenablement ; l’immobilité seule suffit souvent à guérir promptement une plaie petite et aseptique. Mais lorsque le blessé continue à mouvoir son membre, lorsque la plaie a été infectée, l’arthrite traumatique se déclare presque inévitablement.

__ Avant d'aborder cette étude, il s’agit de s'entendre sur ce qu'on appelle arthrite traumatique ; et comme le fait si justement remarquer M. le professeur Gosselin dans sa clinique chirurgicale, il est bon « de se mettre en garde contre la signification de ce mot qui, dans le langage de quelques auteurs, est devenu synonyme d’arthrite suppurante. » Avec ce chirurgien, nous distimguerons une « arthrite traumatique suppurante et non suppurante ; » et cette division n’est pas inutile, puisque la suppuration n’est pas plus fréquente, à la suite des traumatismes articulaires, que l’inflammation pure et simple. L’invasion de l’arthrite traumatique est tantôt brusque, tantôt progressive. Le début rapide de la phlesgmasie articulaire s’observe principalement à la suite de traumatisme violent des grandes articulations, comme dans l’obs. IV. Mais le plus souvent c’est au bout de deux à cinq jours que l’on voit apparaitre les premiers symptômes, alors que rien ne faisait présager un pareil dénouement. Confiant dans un calme trompeur, le blessé recommençait à mou-

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voir son articulation malade, où ‘n'avait cessé de le faire (voir obs. V et VI), lorsqu'il ressent dans l’intérieur de l’article une douleur qui acquiert rapidement une grande intensité. La jointure se tuméfie, devient rouge ; on peut y percevoir une fluctuation franche. L’impuissance du membre est complète , les muscles se contractent et le patient immobilise la partie lésée, si le chirurgien n’a pas pris ce soin. Enfin, les articulations naturellement serrées presentent quelques mouvements de latéralité. Malgré tout, les symptômes généraux sont peu accentués ; la fièvre modérée n’atteint pas 38°, les troubles disestifs sont nuls le plus souvent, le facies du blessé est peu ou point altéré. Puis après une semaine environ, la fièvre tombe, les douleurs diminuent et disparaissent ; et si les lésions ont été légères, si l’inflammation n’a pas atteint toute l'épaisseur de la synoviale et le tissu conjonctif sous-jacent, si enfin les 'cartilages sont respectés, il ne reste qu’une raideur plus ou moins grande du membre. Dans le cas contraire l’ankylose fibreuse est à redouter L’arthrite traumatique suppurée, elle, n’est plus le résultat d’une irritation mécanique plus ou moins vive, mais, comme nous le verrons au chapitre suivant, d’une irritation d’origine microbienne. Cette variété d’arthrite peut succéder à la précédente ou survenir d'emblée. Ici la réaction locale et générale est intense. Les douleurs profondes sont dans certains cas, dit M. Panas « déchirantes, térébrantes et ont une violence telle, qu’elles arrachent des cris aux malades les plus courageux, les privent de sommeil et minent ainsi en quelques jours la constitu-

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