‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 10 sur 224 · DerGedanke · texte numérisé non relu

DerGedanke

Von des Freundes Freiheit Ist ihm Freiheit Im Kerker.

PREMIÈUES POÉSltS. . 23

qu'il ne fût pas d'une beauté remarquable; une physionomie ouverte, douce, attirante, beaucoup de franchise sans coquetterie; un jugement sain sans avoir eu une éducation très distinguée ». Ainsi nous la décrit un des amis de Goethe *. Cette aimable fille, qui voyait tous les jours le jeune étudiant et qui le servait à table, fut vite gagnée par sa beauté et par son esprit. Le 1®' octobre 1766, il écrit à un de ses amis : « J'aime une jeune fille sans position et sans fortune, et je sens aujourd'hui pour la toute première fois le bonheur que donne un véritable amour. Je ne suis pas redevable de la sympathie de mon amie aux misérables tracasseries familières aux amou^ reux; ce n'est que par mon caractère, par mon cœur que je l'ai obtenue ^. i>

On connaît la suite : Goethe l'a racontée dans ses Mémoires; il a consigné le témoignage de son repentir dans le Caprice de ramant. Il troubla lui-même son bonheur par les bizarreries de sa conduite, par les emportements d'une jalousie imméritée. L'amour d'Annette, froissé par ces caprices, fit place à l'indifférence. Aussitôt les rôles furent changés : ce fut le. tour de Goethe d'être humble, soumis, suppliante II tenta en vain de fléchir la sévérité de la jeune fille par ses complaisances et sa docilité : le cœur d'Annette ne lui fut pas rendu.

C'est elle qu'il célèbre dans le Livre des chants de Leipzig ^ ; mais il faut se garder de croire que toutes ces poésies se rapportent à la même amie. D'autres caprices

i. Lettre de Horn à Moors. Jâhn, Biogr. Aufsœtzey page 340.

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