‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 9 sur 224 · Der Renommist · texte numérisé non relu

Der Renommist

PREMIÈRES POÉSIES. 2t

Slymphalides, ils s'agitent autour de la table et déversent de leurs ailes sur tous les mets un poison pour notre repos*.»

Les autres odes écrites à Leipzig sont adressées à son ami Behrisch, dont Goethe nous a laissé un si amusant portrait dans ses Mémoires. Nous devons un souvenir reconnaissant à cet habile copiste des vers de Goethe pour lui avoir enseigné le prix de la concision, en lui représentant « quelle affaire c'était d'écrire un vers à l'encre de Chine, avec une plume de corbeau, sur du papier de Hollande; ce qu'il fallait pour cela de temps, de talent et de peine, qu'on ne devait prodiguer à rien de vide et de superflu. :»

Ce cçmpagnon original, à qui était confiée l'éducation du comte de Lindenau, fut congédié à la suite de rapports défavorables sur sa conduite. Appelé en qualité de gouverneur chez le prince de Dessau, Il quitta Leipzig près d'un an avant Gœlhe. Celui-ci épancha dans trois odes successives la douleur que lui causa cette séparation. Dans la première, il compare son ami à un bel arbre que l'on transplante; les méchantes langues qui Font calomnié auprès du comte de Lindenau, à la chenille perfide, à l'araignée artificieuse qui couvre d'une souillure grisâtre les feuilles argentées; le prince de

1. Du bist uns kaum entwichen, und schweriniithig ziehen Aus* dumpfen Huhlen (denn dahin Fiohn sie bei deiner Ankunft, wie vorm Gliihen Der Sonne ftebel fliehn)

Verdruss und Langeweile. Wie die Stymphaliden Umschwârmen sie den Tisch, und spriihn Von ihren Fittigen Gift unserni Frieden AufaHe Speisen hin.

Der junge Gœlhef I, page 78.

Dessau, enfin, au jardinier qui le confie à une terre plus fertile. La seconde est une imprécation à Leipzig, « antre où sont enfantés des insectes nuisibles, repaire de leur malignité assassine *. » Dans la troisième ode, il exhorte Behrisch à fortifier son cœur contre les sentiments tendres, pour ne plus éprouver les tortures de la sépararation; il le félicite d'avoir rompu les liens de l'esclavage. « L'idée de la liberté de son ami est liberté pour lui dans le cachot^. » Il se réjouit de voir approcher l'heure où il sera libre comme lui.

Ces odes, comme la précédente, fatiguent le lecteur par l'enflure du ton, par l'accumulation des métaphores, par la recherche de l'expression. Gœthe ne s'est pas encore dégagé de l'imitation de Ramier et de Klopstock; son sentiment personnel s'afi'uble encore d'oripeaux étranger^ sous lesquels disparaît la sincérité de l'émotion qui l'anime.

Si l'amitié dicta à Gœthe ses premières odes, ce. fut l'amour qui lui inspira ses premières chansons.

Un de ses amis, Schlosser, l'avait introduit dans une réunion de jeunes gens qui prenaient leur pension chez Schœnkopf. La fille de ce dernier, Anne-Catherine, attira et fixa bientôt les regards du jeune Wolfgang.

C'était € une demoiselle d'une taille bien venue, quoique pas très grande; un visage rond, aimable, quoi-

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