lleber aUen Gipfeln
Isl Ruh,
In aUen Wipfeln Spûrest du Kaum einen Hauch ; Die Vôgelein schweigen im Waldc.
Warte nur, balde Ruhest du auch.
GOETRE, I, p. 78.
traits du caractère de Gœthe, celui-ci décrit ses sentiments, il analyse les mobiles de ses actes , il le conduit à travers toutes les situations, comme si c'était un autre que lui-mAme. Mais ce besoin de lyrisme dont nous avons signalé à plusieurs reprises la profondeur se fait jour ici dans les poésies que Gœthe met dans la bouche de ses personnages. Hàtons-nous d'ajouter qu'il ne les distribue pas au hasard, mal à propos, à des acteurs que la nature n.'a point disposés au chant. Tous les lieder, sauf la Chanson de Philine, appartiennent aux deux êtres mystérieux qui représentent, dans ce tableau de la vie, la comtemplation oisive, la rêverie mélancolique, la passion qui se consume sans trahir son objet : ce sont le Harpiste et Mignon.
Seule d'entre les poésies du premier, la ballade du Chanteur est joyeuse et sereine : c'est qu'elle n'est pas l'expression de ses propres sentiments ; elle ne sort pas de son âme désolée, dans le silence des nuits sans sommeil; elle s'adresse au public, elle tend à lui plaire en le transportant au sein d'une cour brillante du moyen âge. Un vaillant chanteur s'y fait entendre, qui ressemble plus à Goethe qu'au joueur de harpe : car, pour lui, le chant n'est pas un gagne-pain, mais le libre épanchemen de son âme.
« Je chante comme chante l'oiseau qui habite dans les y> branches; le chant qui jaillit du gosier se paie lui- » même avec magnificence; mais s'il m*est permis » d'émettre un vœu, fais qu'on me donne un vin précieux » dans une coupe d'or pur ^ »