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ceplions lointaines dont s'enrichil leur mémoire ne pénètrent pas dans leurs pensées intimes et journalières; elles ne passent pas, si j'ose dire, dans leur chair et dans leur sang. Il en a été autrement de Goethe. Il ne s'est pas contenté de se recouvrir de la superficie des anciens, du vernis banal de la mythologie des Grecs et de leurs fables erotiques; il s'est fait ancien lui-même; il s'est assimilé tout ce que sa nature pouvait recevoir en suivant sa pente, sans aliéner son originalité. Comme d*instinct son goût l'éloignait des abstractions pour, le conduire vers les images riantes, vers les figures distinctes, vers les belles formes servant d'enveloppes lumineuses aux conceptions de l'esprit, il se transporta avec passion dans ce monde de dieux et de déesses, d'héroïnes et de héros dont il n'était plus réduit à recomposer les traits au gré de son incertaine fantaisie, mais qu'il pouvait contempler face à face et interroger dans de longs et familiers entretiens.
« Jupiter baisse son front divin et Junonlèvele sien; » Phébus marche en avant; il secoue son ondoyante che- » velure; Minerve regarde à ses pieds, d'un œil austère,
» et le léger Mercure jette de côté un regard malin et » tendre à la fois. Mais vers Bacchus, voluptueux, rêveur,
» Cythérée lève ses yeux pleins d'amoureux désirs»
> humideis encore, même dans le marbre. Elle se souvient
y> avec délices de ses embrassements et semble lui
y> dire : « Notre fils ne devrait-il pas être à notre côté * ? »