‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 119 sur 224 · Gervinus · texte numérisé non relu

Gervinus

pas 'son ombre mélancolique sur l'ensemble de l'œuvre. Il est bien plus exact de dire, selon l'expression d'un autre critique*, que les Elégies romaines sont la poésie de la jouissance, tandis que les lieder étaient celle du désir et de l'aspiration.

Quoi qu'il en soit, il est manifeste qu'il existe une corrélation étroite entre les différentes formes poétiques et les différents mouvements du cœur humain. L'élégie est le cadre naturel des lentes contemplations et des retours de l'âme sur elle-même, de même que les mouvements violents et désordonnés éclatent dans l'ode et que les sensations légères se réfugient dans la chanson. Mais ces contemplations, ces méditations peuvent sortir d*une âme sereine aussi bien que d'une âme troublée, et cette sérénité se reflète dans les Elégies romaines. Aussi ce rythme lent, cette chute uniforme à la fin de chaque distique, ces couples de vers parallèles, ces nombreuses amplifications^, ces reprises d'un mêi?ie sentiment, ces variations d'un même thème, tous ces caractères propres à l'élégie correspondent ici aux mouvements d'une âme heureuse, bien équilibrée, qui trouve que la vie est bonne, que le monde est beau, et qui se complaît à se rendre compte de cette clémence delà nature, de cette calme volupté de l'heure présente pour en fixer à jamais le souvenir.

Si Ton étudie les Elégies romaines au point de vue de la forme, on admire l'aisance avec laquelle la pensée de Gœlhe se plie à ce rythme nouveau. Chaque situation, chaque partie du développement remplit un distique et s'en contente. Tantôt l'idée dominante, après avoir été

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