‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 13 sur 224 · Voir au chap. V, la poésie A Bélinde · texte numérisé non relu

Voir au chap. V, la poésie A Bélinde

2. Ew'ge Krâfte, Zeit und Ferne, Heimlich wie die Kraft der Sterne, Wiegen dièses Blut zur Ruh.

Mein Gefiihl wird stets erweichter, Doch mein Herz wird lâglich leichter, Und mein Gliick nimmt immer zu.

Der^junge Gœthêy I, page 107,

Si Gœthe, dans les poésies de Leipzig, se contenle de se jouer à la surface du cœur, il lui est d'autant plus facile de façonner et de mettre en œuvre cette mince matière. La forme, le vers, le rythme témoignent déjà d'une maturité surprenante; il n'y a là rien qui trahisse l'écolier; ces pièces peuvent se mettre à côté des plus faciles de l'époque. Hagedorn est dépassé; Gleim, Weisse, Gœtz ont une coupe moins sûre et moins aisée; il y a des vers de vrai poète dans ce Chant de noces si voluptueux, surlout dans la Belle nuit, où nous voyons que Gœthe n'est pas revenu bredouille de sa chasse aux images, et où la nature fournit un cadre approprié à ses sentiments. Ce n'est plus la simple description des phénomènes de la nature ; ce n'est pas ce genre si froid et si fréquent de la poésie descriptive ; comme les vrais poètes lyriques, il ne choisit que les traits qui se fondent avec son sentiment et qui le font ressortir.

« Je quitte volontiers celte cabane, la demeure de ma bien-aimée ; je parcours à pas couverts la forêt déserte. La lune perce la nuit des chênes ; les zéphirs annoncent sa course^ et les bouleaux en s'inclinant lui versent leur plus doux encens.

€ Un frisson qui attendrit l'âme et fait palpiter le cœur, chuchote à travers les taillis dans la fraîcheur du soir. Quelle belle, douce nuit! Joie! volupté ineffable! Et pourtant, ô ciel, je te laisserais volontiers mille nuits pareilles, si mon amie voulait m'en donner une seules »

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