‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 133 sur 224 · Ueber Platitude und Ueberspannung · texte numérisé non relu

Ueber Platitude und Ueberspannung

â. Recueil de poésies publié par Schiller

XÉNIES. 225

particuliers, et quelle riche matière nous y trouverons. Pourvu que nous ne nous épargnions pas absolument nous-mêmes, nous pourrons harceler tous les auteurs sacrés ou profanes. Quelle matière ne nous offre pas la bande des Stolberg, Racknitz, Ramdohr, le monde métaphysique avec son moi et son non-moi, l'ami Nicolaï, notre ennemi juré, l'asile du goût à Leipzig, Thiimmel, Gœschen son écuyer et mille autes de ce genre* ! »

Aussitôt les épigrammcs circulent entre Weimar et léna. Les lettres sont remplies d'allusions aux XénieSy d'exhortations, de félicitations mutuelles. Schiller, avec une joie enfantine et passionnée, annonce à ses amis Kœrner et Humboldt la merveille qui se prépare, « un produit unique en son genre >, % une vraie diablerie poétique sans exemple :», c une satire effrontée et féroce ».

Pendant les séjours de Goethe à léna et de Schiller à Weimar, les délibérations continuent, plus vives, plus pressées : ils se décident à clore chaque épigramine en un seul distique et à entremêler les Xénies de maximes esthétiques et de sentences morales. Leur œuvre devait devenir un vaste répertoire de jugements et de pensées sur les lettres, sur les sciences, sur les arts, sur la politique, sur la religion, sur la morale ; elle devait faire le tour des choses de la vie. Schiller était chargé de dresser le plan et d'ordonner les différents groupes. Mais en disposant les matériaux épars, il s'aperçut bientôt des nombreuses lacunes, des trous et des fissures qu'il faudrait combler. Le moment de la publication de VAlmanack des Muses approchait; remettre d*un an l'apparition des Xé-

Page 1