Cinrespondance de Schiller et de Gœthe, page J
XÉNIES. 227
le titre de Xénies, et comme un tout séparé, nous sommes sauvés. Réunies en un tas, sans mélange d'aucune épigramme sérieuse, elles perdent beaucoup de leur amertume ; la malice qui règne partout excuse chacune isolément, et en même temps elles forment un certain ensemble. >
Le plan définitif était trouvé, et les Xénies parurent selon les indications de cette lettre, dans VAlmanach des Muses de l'an 1797.
Dans cet ensemble de plus de six cents épigrammes, quelle est la part de Goethe? quelle est celle de Schiller? est-il possible de trouver une solution? est-il sage de la chercher? Lesauteursjettentledéfi suivante la critique :
« A qui appartiennent ces vers? Vous aurez de la peine à le deviner. Si vous le pouvez, ô chorizontes, faites ici votre triage*. »
Déjà, le 1" février 1796, Schiller avait écrit à Humboldt : € Nous avons formellement résolu, Gœthe et moi, de ne jamais séparer nos droits de propriété sur les différentes épigrammes. »
Plus tard, impatienté par les questions dont on l'assaillait, Gœthe s'exprima à l'égard des chorizontes en termes sévères et méprisants : c Les Allemands ne peuvent se guérir de leurs idées de philistins ! Les voilà maintenant qui se chamaillent et se disputent à propos de quelques distiques imprimés dans les œuvres de Schiller et dans les miennes, et ils pensent qu'il est fort important de découvrir ceux qui m'appartiennent. Comme s'il y avait par là quelque chose à gagner, comme s'il ne suffisait pas d'avoir les distiques ! Entre deux amis comme nous l'étions, Schiller et moi, qui pendant des années