‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 138 sur 224 · HOFFHEISTER · texte numérisé non relu

HOFFHEISTER

VAlmanach des muses où plus de la moitié des Xénies étaient marquées d'un G ou d*un S de la main même de Charlotte. Or nous savons par les lettres de Schiller qu'il communiquait à sa femme les épigrammes que Gœlhe lui envoyait ; assurément, il ne lui cachait pas les siennes. C'est donc une nouvelle autorité, moins infaillible que la précédente, puisque la mémoire de Charlotte pouvait la tromper, mais d'autant plus digne de foi que les recherches de la critique, du moins en ce qui touche lesX^m^^ proprement dites, ont corroboré et confirmé ses asser* tiens.

Pour les Xénies qu'aucun poète n'avait jamais recueillies, où la coiTespondance restait muette, où Charlotte de Schiller n'avait osé se prononcer, le champ demeurait ouvert aux conjectures de la critique. On scruta les goûts, les antipathies, les passions, les inimitiés des deux poètes; on fouilla dans leur passé et dans leur avenir; on interrogea leurs œuvres, leur correspondance multiple, les livres et les lettres de leurs contemporains ; on rechercha leurs locutions favorites, les termes familiers à Tun ou à l'autre, le tour donné au distique; on ne négligea aucun indice, si léger fût-il, et l'on aboutit ainsi à des résultats non certains, mais probables, à des réponses; non sur la totalité des épigrammes, mais sur un nombre très considérable. Aussi les éditeurs récents des poésies de Schiller et de Goethe S malgré l'habitude qui les porte à tirer à eux et à leur poète le plus de matière possible, se sont trouvés d'accord sur presque tous les points.

Parcourons cette galerie d'originaux maltraités par les

1. Voir les éditions do Gc^ihe et de Schiller publiées chez Ot Hempeu

XÉNIES. 231

poètes. Nous serons obligé d'omettre bien des noms et de détacher de la foule les principaux suppliciés.

Voici, à l'entrée, le groupe des dévots et des illuminés, presque tous anciens amis de Gœthe, Jung-Stilling, les irères Stolberg, Lavater, ^ dont la nature aurait dû faire }> deux hommes, car il y avait la matière d'un honnête Y homme et d'un fripon^ ».

Une grêle de traits tombe sur Manso, plus tard historien estimé, mais à ce moment, journaliste hostile et violent, versificateur médiocre, auteur d'un poème sur l'art d'aimer. € Quoi! tu as besoin d'art pour aimer? » Malheureux Manso ! la nature n'a donc rien fait, ab- » solument rien pour toi '. »

Un des coups les mieux portés atteint les commentateurs de Kant : c Que de mendiants peut nourrir un seul riche ! quand les rois bâtissent, il y a de l'ouvrage pour les charretiers*. »

Puis se déroule un zodiaque dont chaque signe représente un homme de lettres^.

Au zodiaque succèdent les fleuves allemands qui éclaboussent de leurs eaux les contrées qu'ils traversent.

€ Le joyeux Bacchus et le gras Cornus, dit le Danube

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