Lire, par exemple, les épigrammes 294 et
Da die Metaphysik vor kurzem unbeerbt abging, Werden die Dinge an sich morgen sub hasta verkauft. 0, ich Thor! ich rasender Thor! Und rasend cin jeder,
Der, auf des Weibes Rath horchend, den Frêiheitsbaum (1 (pflanzt.
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est tenté d'abord de lui refuser le génie comique. Mais le souvenir des pièces bouffonnes de sa jeunesse ^, et surtout des étonnantes saillies de Méphistophélès, arrête sur nos lèvres la condamnation et livre ce problème à notre curiosité : « Pourquoi, dans Faust, cette verve intarissable, cet esprit souple et mordant, cette brillante peinture de nos travers et de nos vices? Pourquoi, dans les Xénies^ cette recherche laborieuse du mot piquant ,cette raillerie sans grâce, ces pointes émoussées? Faut-il attribuer cette décadence aux hasards de l'inspiration, au surcroît des années, à la contrainte du distique? ou bien la connaissance du caractère de Goethe suffit-elle à nous en rendre compte ? L'épigramme satirique s'attaque aux personnes ; pour que le poète qui la manie l'enfonce au cœur même de son adversaire, il faut qu'elle mette à nu ses ridicules, ses défauts ou ses vices ; il faut que le public, en la lisant, s'écrie : c C'est bien lui ! » Une bonne épigramme présente tout un caractère dans un raccourci énergique et parlant. Mais ce mot décisif, nul ne peut le dire, s'il n'a pas le don de saisir au vol la physionomie propre de chaque individu, si l'étude des différents caractères n'est pas chez lui une habitude chérie et une passion. Or, ce goût ne fut jamais très-vif en Gœthe, Il s'était adonné quelque temps â cette étude, entraîné par les observations physiognomoniques de Lavater; mais ce n'avait été qu'un caprice, une velléité sans force ni durée. Il observait de préférence les fonctions de l'esprit, les états de l'âme, les mouvements du cœur communs à tous les hommes; il recherchait ce qui est de l'homme en général, plutôt
1 . Nous soiigeuns surtout à Pater Brey^ à Satyros, à Bahrdi, etc. (Goethe, VII).
que les côtés originaux de chaque individu. Une seule personne faisait exception : c'était lui-même. Il a passé sa vie à se regarder vivre, à suivre le jeu des ressorts de sa nature, à surprendre les mouvements instinctifs de son âme; il ne portait aux autres un intérêt sérieux et sincère qu'autant qu'il découvrait en eux des parties qu'il pût s'assimiler, dont il pût enrichir son esprit ou alimenter son cœur. Ce penchant de son génie explique son infériorité dramatique, le manque de relief de ses caractères dans les grandes œuvres, commeEgmontei Torquato TassOj dans les petites pièces, comme les ballades e{ les épigrammes. Ses créations féminines, si supérieures à ses caractères d'hommes, sont moins remarquables par les qualités qui les distinguent que par les traits qui leur sont communs. C'est Véternel féminin que nous admirons dans les figures de Marguerite, de Claire, de Charlotte, de Mignon. On comprend dès lors pourquoi Gœlhe, ce maitre de la satire dans Faust, est si inférieur à luimême dans les épigrammes. Tandis qu'ici il prend à partie les travers d'individus qui lui sont trop indiffé«renls pour qu'il puisse les saisir d'une prise vigoureuse, c'est Véternel humain, si je puis ainsi parler, que raille Méphistophélès, nos inquiétudes, nos inconséquences, nos soubresauts, l'ardeur de nos désirs et noire impuissance à les réaliser, les belles apparences qui recouvrent de laides réalités, la lie inséparable de nos sentiments les plus purs, les scories dont nul or n'est exempt, ni la science, ni la gloire, ni le bonheur, ni l'amour. Voilà les ridicules, voilà les vices, voilà les misères que dévoile et poursuit Méphistophélès, misères communes à l'humanité tout entière et que Gœlhe pouvait étudier dans son propre cœur. Aussi cette peinture
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satirique est-elle incomparabe: elle égale ou surpasse, par le mordant de - l'expression, par la fécondité de la verve, par la profondeur de l'analyse, les tableaux des plus grands génies satiriques de l'humanité, d'Aristophane, de Cervantes et de Molière.
Le 26 janvier 1 798, Goethe écrivit à Schiller : « Pour VAlmanach j'ai une iiée plus folle encore que lés Xénies; que dites-vous de cette affirmation qui paraît présomptueuse? Mais je ne la communiquerai que sous de certaines conditions, c'est-à-dire que je me réserve la rédaction de cet appendice, tout en vous laissant libre, bien entendu, de l'accepter ou non... » Schiller lui répond : « Je ne puis en vérité deviner le coup dont vous voulez enfoncer les Xénies, Pour qu'il me fût possible de le prévoir, il faudrait savoir si l'attaque est dirigée, comme dans les Xénies, contre des personnages isolés, ou bien si elle vise le tout. Dans ce dernier cas, il serait difficile de produire un mouvement plus vif que celui que les Xénies ont suscité *. » Tous les critiques affirment que Gœthe abandonna ce nouveau projet qu'il avait annoncé avec tant de feu : sans doute, disent-ils, il se rendit aux observations de Schiller sur l'inopportunité de l'entreprise.
Si nous ouvrons cet Almanach des Muses de 1799, nous y trouvons, à côté d'autres poésies, sous la signature