Ggethe, XXIV, p
La (îgure de Nausicaa vint s'offrir à son imagination. Il tenta de découper en drame les scènes de celte idylle homérique, il en médita, il en modifia le plan, mais il ne réussit à composer que quelques vers épars où circule Tair lumineux et transparent qui enveloppe les côtes de la Sicile. Comme dans sa première jeunesse, la poésie lyrique vint en aide à son impuissance dramatique. Les émotions dont il n'avait pu se défaire dans Nausicaa^ il les répandit dans Alexis et Dora : il renonça à lutter avec Homère, et, sur un terrain plus favorable, il se mesura avec Théocrite.
L'aventure qui forme le fond de ce poème a-t-elle une part de vérité? Nous ne pouvons l'affirmer comme pour le premier livre des Élégies, pour Euphrosyne et le Nouveau Pausias. Mais si notre connaissance des inspirations habituelles de Gœthe nous incline à croire que le sujet de cette élégie n*est pas étranger à son expérience, bien que la part d'invention ait dû être plus considérable qu'ailleurs, le passage suivant de ses Souvenirs d'Italie vient à l'appui de notre supposition. Après avoir exposé le plan de sa Nausicaa^ il ajoute :
« Il n'y avait rien dans cette composition que je n'eusse pu peindre d'après nature, en consultant ma propre expérience. Voyageur moi-même et courant moi-même le risque d'éveiller de tendres inclinations..., me trouvant moi-même dans le cas d'obtenir plus d'une faveur imméritée, de rencontrer plus d'un obstacle inattendu : tout cela m'attachait si fort à ce plan que j'y rêvai pendant tout mon séjour à Palerme et la plus grande partie de mon voyage en Sicile ^ jt