Dans le Roi Jean, de Shakespeare
!2.'Jenes susse Gedrâoge der leichtesten irdischen Tage, Ach! wer schâtzt ihn genug, diesen vereilenden Werth?
une belle folie, de la terre au ciel et du ciel à la terre' ». L'imagination de Goethe ne l'emporte pas au loin ; il est rare qu'elle demande des ailes pour traverser les espaces infinis. Mais elle n*est pas davantage, comme celle de Schiller et de la plupart de nos poètes du dix- septième siècle, la servante ou, si j'ose dire, la femme de chambre de la raison, qui apporte à celle-ci, selon ses ordres et ses besoins, les robes et les parures dont elle revêt ses pensées. La fantaisie du poète d'Amyntas n'a pas l'allure libre et fougueuse de la première, ni l'humble et servile démarche de la seconde. Elle n'attend aucun signe pour se mouvoir, mais il lui déplaît de profiter de toute sa liberté : volontiers elle se pose sur un seul point, elle s'attache à un seul objet, elle Tinonde de sa lumière, elle en pénètre tous les replis, elle y découvre des caractères nouveaux, des nuances variées, de rares analogies qu'elle livre à la raison pour les assortir et les ordonner.
Ainsi, dans cette élégie (ÏAmyntas, l'attention de Gœthe se concentre tout entière sur l'image de ce pommier rongé par le lierre ; il y voit le symbole de l'amant dont les forces s'épuisent dans des liens délicieux :
<i:Oh! ne me blesse pas, murmure le pommier à » Amyntas, moi, l'hôte fidèle du jardin, à qui, dès ton » plus jeune âge, tu fus redevable de mainte jouissance ! » Oh! ne me blesse pas! Avec ces rameaux entrelacés » que brise ta violence, tu m'arraches cruellement la vie. » Cette plante, ne l'ai-je pas nourrie moi-même et dou- » cément élevée vers moi? Sa verdure ne m'est-elle pas » unie comme mon propre feuillage? Ne dois-je pas la