‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 158 sur 224 · Das Wasser rauscht*, das Wasser schwoll · texte numérisé non relu

Das Wasser rauscht*, das Wasser schwoll

Ein Fischer sass daran, Sah nach dem Angel ruhevoll,

Kuhl bis ans Herz hinan.

Und'Wie er sitzt, uiid wie er lauscht,

Theilt sich die Fluth empor; Aus dem bewegten Wasser rauscht

Ein feuchtes Weib hervor;

Sie sang zu îhni) sie sprach zu ihm :

Was lockst du meine Brut

Mit Menschenwitz und Menschenlist Hinauf in Todesgluth?

Ach, wiisstest du, wie's Fischlein ist So wohlig auf dem Gruad,

Du stiegst herunter wie du bist * Und wurdest erst gesund.

Labt sich die liebe Sonne nicht,

Der Mond sich nicht im Meer?

Kehrt wellenathmend ihr Gesicht

Nicht doppelt schôner her?

Lockt dich der tiefe Himmel nicht,

Das feuchtverklârte Blau?

Lockt dich dein eigen Angesicht

Nicht her in ew*gen Thau?

Das Wasser rauscht, das Wasser schwoll,

Netzt* ihm den nackten Fuss; Sein Herz wuchs ihm so sehnsuchtsvoll,

Wie bei der Liebsten Gruss.

Sie sprach zu ihm, sie sang zuihm;

Da Wàr's um ihn geschehn :

Halb zog sie ihn, halb sank er hin,

Und ward nicht mehr gesehn.

imaginations des peuples du Nord, et beaucoup de ballades, surtout en Suède et en Danemark, chantent les apparitions mystérieuses des Elfes^ et des Nixes, leur passion pour les hommes jeilnes, beaux et forts, et l'irrésistible empire qu'elles exercent. — Les qualités qui distinguent les lieder de Gœthe sont aussi propres aux ballades de sa première période : simples, familières, insinuantes dans la langue et dans le rythme, musicales comme la véritable chanson populaire, elles enchâssent dans leur trame modeste des expressions et des images qui révèlent un art délicat et profond. Wellenathmend, feuchtverklàrty sont des épithètes rares, de véritables inventions, et ces traits d'une observation curieuse et concentrée ne s'imposent pas à l'attention, ils ne l'irrilent pas en la détournant de son objet. Le coloris de Gœthe n'éclate pas comme une fanfare, il charme par l'heureux accord des tons. « L'artiste, dit excellemment M. Mézières*, met un grand art à dissimuler l'art. Chaque pièce ressemble à une fleur qui s'ouvrirait d'elle-même pour laisser voir à l'œil qui la regarde la diversité de ses nuances. Les beautés n'y paraissent point des beautés de rapport ajoutées après coup ; on dirait qu'elles sont organiques; elles sortent si naturellement du sujet qu'elles semblent d'avance en faire partie. »

Le rythme, dans le Pêcheur y reproduit le mouvement onduleux des vagues qui s'enflent et retombent tour à tour : le vers^ de trois iambes succédant à celui de quatre, la césure qui coupe ce dernier en deux parties égales, ces hémistiches rendus parallèles par la répétition des mêmes mots et des mêmes sons, tous ces heureux

Page 1