‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 16 sur 224 · ScHOËLL, Lettres et fragments de Goethe, page · texte numérisé non relu

ScHOËLL, Lettres et fragments de Goethe, page

POÉSIES SUR FRÉDÉKIQUE. 31

les drames de Shakespeare et les rêveries d'Ossian, Silzmann et les joyeux compagnons rassemblés à une même table, l'anatomie, le droit et la poésie. Deux noms occupent le premier plan : ceux de Herder et de Frédérique Brion. Leur influence à Tun et à l'autre est surtout prépondérante pour le développement lyrique de la poésie de Gœlhe. L'image de Frédérique l'invite à chanter son amour : c'est une matière, un fond non étranger à lui-même, mais fourni par les circonstances, mais imposé par son propre cœur. Herder lui montre la forme appropriée à la naïveté, à la candeur de son sentiment, en lui découvrant la source de la poésie populaire. « J'appris à connaître la poésie sous une face toute nouvelle et dans un esprit tout nouveau, que je trouvai fort à mon gré. La poésie hébraïque, que Herder traitait avec génie, d'après son devancier Lowth, la poésie populaire dont il nous encourageait à rechercher les traditions en Alsace, les plus antiques documents de la poésie, témoignaient que celle-ci est un don universel et populaire, et non l'héritage particulier de quelques hommes d'une culture élégante*. » Nous avons encore des témoignages directs de l'ardeur avec laquelle Goethe recherchait les chansons populaires de l'Alsace. On a publié* douze poésies qu'il avait envoyées à Herder en lui disant : « Je les ai surprises dans mes excursions sur les lèvres des plus vieilles petites mères. Je ne veux pas m'arrôter à vous entretenir de leur perfection, ni de la différence de leur mérife. Mais je les ai jusqu'ici portées, sur mon cœur comme un trésor; toutes les jeunes filles qui veulent trouver grâce à mes yeux doivent les apprendre et les chanter. »

Page 1