‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 17 sur 224 · DuNTZER. Aus Herder's Naclilass, ï, page · texte numérisé non relu

DuNTZER. Aus Herder's Naclilass, ï, page

Malgré cette vive admiration, Goethe n'emprunte que rarement ses sujets à la poésie populaire. Sans doute, il chante, comme elle, de préférence, l'amour, ses joies et ses tourments; mais c'est là une matière commune à tout poète qui la tire de son cœur, non des livres ou de la tradition. Les sujets propres au Volksliedy ce sont les légendes antiques sur les génies des eaux et des montagnes, sur les nixes et les elfes ; ce sont les actions, les aventures des hommes qui ont le plus frappé l'imagination populaire au moyen âge ou au xvp siècle; ce sont les histoires de chevaliers, de moines, de soldats, de brigands, de bohémiens.

Tous ces récits variés, ces ballades, ces romances ne fournissent à Goethe qu'un petit nombre de sujets.

Ce qu'il doit au Volkslied et aux commentaires pénétrants de Herder, c'est tout simplement, comme il vient de le dire, une vue nouvelle de la poésie. « Qu'est-ce qui fait le poète ? dit Gœthe par la bouche d'un de ses personnages* : c'est un cœur rempli tout entier d'un seul sentiment. >

Ce principe, si on l'exagère, peut conduire à de fausses applications. Il n'en est pas moins vrai que le sentiment est le foyer d'où jaillit toute poésie lyrique digne de ce nom, et qu'aucune époque littéraire n'avait méconnu cette vérité au même degré que le xviii® siècle. Le plus grand nombre des poésies de ce siècle viennent de l'esprit et vont à l'esprit, le cœur n'y est point engagé. Un des thèmes favoris à cette époque, c'est l'éloge des abstractions. Il y en a encore plusieurs dans les chansons de Leipzig : éloge de l'innocence, éloge de l'amour libre et

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