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290 POÉSIES LYRl'b'UES DE GOETHE.

> torrents d'amour! n*es-lu pas etiïbraséë"(}lia!tfd tif'ffle

> sens brûler. ■■■'■' i i .< -i m/ ,i ..,. û..,,,

» L^amourles ehTace en' des ridéUds' plti^'étfcfltg'J'Iës » larmes se mêlent ' à leurs transports ; eîFe à^pit'e^âVidb^ » mentles flanrimes de sa hôûclié; éhacun hé se lâèfnt VWi'ê 1» que dans TaUlre. L'amant réchauffé* pairiàdn îil^éttl"te

> sang glacé de son amaînte, mais ïi tie 'sent Çdlnt'de

> cœur ballre dans la poitrine*. » - i • » iM i,,:- «i.

Cependant la mère, que l'arrivée de l'hôte et'lfeS'§<rftfS multiples du ménage ont longtemps r<>?tentieï debout; fraverse le corridor; elle entend des sons' étu^ahges;' elle s'arrête à la porté et l'ouvre avec cblèYfe; elle èt^ort^surprendre une de ses servâiites dàni les' bfaâ"de* i'^rani^ ^er. . . et elle aperçoit avec térrèut sa propre! eMmib ■»•

Il est curieux de comparer ici le 'récit'de 'Wilégdn <et la narration de' Gœthe, de voir cbrhmetït ceiûiHci a'^sîmplîfié, réduit, condensé ce que Faiitre'élehd"etdélaief."'

Chez Phlégdn, il y à deux entrevues i3uccessives'?«c'e«l la nourrice qui d*âbojrd surprendie secret* et 'qui Va "l^ari^ noncer à la mère, iet celW-c* hé 'voit'sa 'fille qu'appels dei longfe pourparlers avec l'hôte: Toutes ces» longueurs 'sfent

• '■»'•»• ••' f'ji.j j 1 » ■ .1» • i

1 . ^ . açf Hg fasst çr. si^ lait s^^rkp^, Ar^iiea, ,,...,>;,, , , . , . . Von der Liebe Jugendkrart durchmannt :

lloffVî dbch, bel mit Hôtih- îu i^Wài*7ne.ny>^ •'' «• ' •■■n.». • Warst du. çelbst nw* aus dem ,Grabt :gjQ$ai^d|t l,; . ■,],.: Wechselhauch und Kuss !

Liebesuberfluss ! -i'-xm ,. m, K .!.

Brentist du nicht' und fûhlest noUich. eftUu'aeivt*.^ i f Jl .^

: Liebe schliesset fest<»>8tô ViHajtnoi^iayv ,. . . i..t i )

, Thrai^ea mischep siçh in ihre iust*^ Gierig saugt sie seines Mundes'ï'làmMb'n, ' ' " EiUs ht ttùr im Ândera sich'bèwoidit •' *

Seine Liebeswuth Wiirmt ilir starres Blut, Docii es schiagt keln Herz in ihrer Brust.

Il-' 1 *•>

•■"•'"'■' ■'i'kiiinzs: ■ ■ "■>"■' m

siipprimées paf Gqb'they^ûî's^ simplement làmëré

àlanburrice; mais pciW qtè' ^â pféfeètiCè soit justifiée, pour qu'elle neéehibïé J^às tomber du eiel, il Tintroduit dès la (roisiëme strophe et tiôiis prépàtè airisi à la reVoîr, C^ést le mémîé besoin de tout mottPév qui'hii faisait critiquer les (7ràé5 Aë Schîller daiîs laVédàctibn îpfëmièrey remaniée d'après ses conseils. • ;■ i.

I4 hôte, dans sa terreur, vent couvrir la jeuiiefille d'un voile du d^un tapis, nfais 'celle-cî Se dlt'essje avec lenteur et adresse d'une voix sourde des relpéttèhèâ à'ââ mèwi Elle né parle pas d*lihe simJDle clausti'^tîéh;'élle l'âccilse directeméhi de sa mort ; elle se plaiiit de n'avoir ' trbiivé aucun repos iJaiié ïâ'terrë qui 'n'éraoube p>às l'fli|:uillon de l'amour. Pour avoir vîolè malgré elle léâ lôièf de la nature, éile est condamnée à sortir de sa'tomfeé, à chercher le liancé qu'elle a perdu et à sucer lè sàng< ée son cœur. !..

» Mère,' entends maintenant ma pfiêiré s(tipréme t' élève » un bûcher, ouvre mon étroite,' inqtiïèté cellule, i^hda ) au' repos les amants dans lés 'flairamés. Lorsque' Tétin-^ j!> celle jaillira, que la cendré s''ehibi'aselra, nous nwi« ) envolerons vers les anciens drètix!*.'» ' ' ;. - *

Nous avons, dans notre analyse,' m^rs ed Telief les paroles qui peuvent éclairef l'interprétatiori de r^wivre^ Loiii de dissinrnlèr' les côfttradictiohs,' noub lés avons Notées et détisichéei^ en sailKë sur fa trâbe-dn récit. Ces

1.. J "/B6r^, Militer, mid dib letkte Bitt^ : , , M' »Eft*en ScbeUerha^fei, sçl^jçh^e (|u;.

, Oeffoe meine l)ange kîeihe Hutte,

' Brinjf' in Pfattimign' Liebenée ttir Ruhl

Wein dfr fuokei^pdllii, i ... ,, i

Wenp ()iQ A9che gliiht, -

Éilen wîr dén alten éôttem'zu. ' ' ^' »J^'*>'»'jJ

29â POÉSIES LYRIQUES DE GŒTHE.

éléments disparates vont-ils former un ensemble homogène? pouvons-nous lier en une seule chaîne ces anneaux si divers? dirons-nous, avec la plupart des interprètes, que la jeune fille, après avoir été consacrée à Dieu et enfermée dans sa cellule, s'est consumée dans les larmes et que la douleur l'a tuée? visitant le jeune homme, dans la crainte de l'effrayer, elle simule d'abord la vie et feint de quitter la cellule où on la retient ; elle n'avoue l'affreuse vérité qu'au moment où il va en être instruit luimême en la serrant dans ses bras.

Cette explication est la plus plausible, la plus raisonnable, j'allais dire la plus française. Mais si nous l'adoptons, que penser de' l'art du poète qui ne trouve pas en son long développement le moyen de nous faire savoir que c'est la douleur qui a jeté son héroïne dans la tombe? pourquoi cet air de vérité dans les paroles et les mouvements de la jeune fille à son entrée, si son effroi, sa pudeur ne sont que feinte et mensonge? et si son jeu est si habile, comment marque-t-elle la même candeur en révélant sa véritable nature ? J'avoue que toute la première partie de la ballade me semble froide et fausse si la jeune fille est morte.

Serait-elle donc vivante? Mais ici le doute n'est pas possible. Elle nous dit elle-même qu'elle est froide comme la glace, qu'aucun cœur ne bat dans sa poitrine, que ses parents l'ont mise dans la tombe, qu'elle en est chassée pour chercher son fiancé.

Ni morte ni vivante? à la fois morte et vivante? quel est ce mystère? eh quoi? n'a-t-elle pas été consacrée à Dieu, arrachée à son fiancé, condamnée à se flétrir dans une cellule solitaire? n'est-ellé pas morte à la joie, à l'amour, à tout ce qui donne du prix à la vie? Cette

métaphore, Goethe l'anime, il la transforme en réalité, il la développe en une vision étrange, en une scène à la Rembrandt, où, comme dans un rêve, des figures, des attitudes, des mouvements se détachent en plein relief, sous une intense et chaude lumière, sur un fond vague, mouvant, troublé, que le regard essaie en vain de sonder.

Tour à tour femme et fantôme, religieuse et vampire, selon l'heure de la nuit, selon le rayon qui Téclaire, cette créature mystérieuse participe à la fois de la vie et de la mort : ce double caractère explique seul les incohérences de sa conduite et les contradictions de son langage. Elle unit la pudeur d'une vierge à l'audace d'un spectre. Elle se plaint de n'avoir pas été avertie de la présence de l'hôte, parce qu'elle est enfermée dans sa cellule, et elle reproche en même temps sa mort à sa mère, parce qu'elle ne vit plus depuis la prise du vorile. Elle confond sans cesse dans ses paroles et dans sa pensée le moment de sa consécration et celui de son trépas, parce qu'en effet c'a été pour elle le même instant.

Ces conceptions étranges, ces symboles enveloppés sont familiers à la poésie allemande : on sait l'abus qu'en ont fait les Hoffmann, les Novalis, les Brentano. Goethe lui-même, à mesure que s'émousse en lui le don des libres et vivantes créations, pénètre plus avant dans la voie du symbolisme et du mystère. Dans ses premières poésies, l'intuition était si' vive, le symbole si transparent, qu'il entrait dans l'esprit en même temps que l'image ; dans les œuvres de sa vieillesse, les vagues indices, les analogies lointaines remplacent les contours précis, les signes sensibles. Le mystère devient une des règles favorites de son esthétique. Dans le second Faust, dans Pandore, dans la Nouvelle, dans beaucoup d'épi-

tH POÉSIES LYRIQUBS/JDiE GOETHE.

gràriniïAes.des Xénies npprivaisées, (î<ethç ^'aniuse ^4 l^oposer des ëDigmes au lecteur.. La Fianoée de Qot^infif^e est: une des. premièrBa poésies oùico goût se révèle; ,ms^is U' se jo*ie ici en un sujiet Jfalt à plai^îi: pour le mjwlç et approprié à. toutes les surprisies. ,, ,

Quant à Tidée de la ballade, notre interprétatiori 1^ marque avec plus de vigueur qu'aucune autre •: ç'esf^la revendication des droits de la jeunesse et de rai;^our violés par; les. vœux éternels des prêtres et de§ religieuses ; c*esl l'abandon aux instincts^ naturels et humains substitué aux sacrifices et aux renoncements prêçl;iés,pa^ lu religion catholique. Par quel artifice le poète aurai tri) pu mieux, faire pénétrer cette idée dans les esprits que par cette confusion volontaire du couvent et de la tombe?

On comprend que des critiques jaloux de, çoncilierjeur foi religieuse et leur admiration littér^irç .^ient tenté .dç nous donner la .change sur Tidée de la ballade.. Mais l'aversion de Goethe, à ce moment de.sa viç, à l'égard dif christianisme, du catholicisme surtout,, est tr(;^p connue pour qu'il y ait lieu de s'étonner que «es poésies en portent la Irace- On n'a qu'à relire, cjaps ,ses, lettres d'Italie despages aettes et. /décisives, .ou Jçs plus mqr: dsLUï^B dfi. ses Épigrammi^ rénitienne$>. . ,. ;.,;

. D!aiUeurs, Schiller et lui n0 se propQsaiept-il^ p^^ dç faire insérer dans la revve des tieur^^ une. traduçtipn de la Bel igieuseA^, J)iàeroi^ .

Jl est permis de gupposçrque \a^ lecture décret oi^vr^g^ neCut.pas ,étr;angère i la. conception de \^,,Fiai[icéieàç Corintherh9> baUîndç e,t,le roman tende^ut au. m^tnfi^butj, par des moyens aussi.opposés que le caractère des dei^^ auteurs., . . . ,.

. piderot,, hpinme de lut|e et d'ardeur . belliqueMse,

prpdiVue toutes les horreurs capables de secouer les nerfs de ses lecleprs^ de soulever leur îndignatîoQ et de les pousser à l'action. Gœlhe, amant passionné de rartèt de la beauté, déroule une série de tableaux qui charment le' regard par la délicatesse et la vigueur du coloris, gui pncnant^nt l'imagination pajr la magie du clair-obscur. L'idée, chez Diderot, ce revêt de passion, chez Goethe, de grâce et de beauté. La Religieuse du premier est fille du dix-huitième siècle, elle en a toutes les rancunes et les colères: celle du second n'a que les instincts et les besoins des sens et du cœur communs à toutes les créatures humaines.

Le Dieu et la ^Èayadère suivît de pr^s ïaPiancée de

Qorinthe, Le 10 juin 1797, Cœthe écrit en souriant à

Schiller, qui était en train de composer le Plongeur ': «Tandis ^ue jq plonge mes couples dans le feu etquejé les retire du feu,^ votre héros se choisit rëlémeht opposé : cela est gentif. > Dans cette ballade^ ridée se détacîie avec autant de, clarté que dans celles dé Schiller. L^îndùlgencé des dieux pour le pécheur repentant, un mouvement d'amour sincère et d'entier dévouement compensant lés hontes deTamour avili et vendu, cette pensée si famîKère à nos poètes contemporains, a trouvé ici son expression la plus achevée : <jc La divinité se réjouit du repentir'des pécheurs • avec leurs bras de feù, l'es immortels ertïpôrtçnt dans le ciel les ânies perdues*. ji

Madame de Staël dit avec finesse, en parlant de ce po^n^e : t Quand on l'eniend, on se croit au milieu de rïnde et de ^es iiierveilles; et qu'on ne dise pas qu'une

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