‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 167 sur 224 · Dlrique de Levezow · texte numérisé non relu

Dlrique de Levezow

arrache violemment à la branche qui les retient.c Mon avis est, dit-il, qu'il ne faut rien forcer, et qu'il faut passer les heures e( les jours stériles à niaiser ou à dormir, plutôt que de vouloir faire quelque chose qui plus tard nous chagrinera*. »

II ne traite donc que les sujets qui s'imposent à son esprit. Volontiers il emprunte ailleurs, à une poésie que le hasard a mise sous ses yeux, la donnée générale, quelque contour ingénieux, une entrée en matière insinuante et franche, et il greffe sur un arbre étranger ses rameaux fleuris et vivaces.

Le plus souvent, son sentiment est double à l'égard des poésies qu'il imite : elles contentent à la fois et choquent son goût. Tel trait lui semble exquis, telle mélodie ou telle cadence est si parlante qu'elle éveille^ sans le secours même des mots, une impression distincte, un sentiment défmî. Mais l'image, en se prolongeant, s'efface; mais le thème heureux est surchargé de variations vulgaires; mais les mots ne se plient pas au rythme et trahissent la mélodie. Goethe dégage alors cette parcelle d'or des scories qui l'enveloppent et la ternissent; il l'enchâsse dans une monture qui la fait valoir.

Ainsi, il entend chanter un soir une romance deFrédérique Brun, mise ej;i musique par Zelter. La mélodie l'enchante, mais les paroles le blessent. Il s'empare du sujet et du rythme, puis il développe le thème à son gré, et sa poésie se trouve être à la fois une pièce de vers accomplie et une fine critique littéraire.

Une jeune fille, loin de son amant, concentre sur lui seul toutes ses pensées. Dans tous les aspects, dans tous

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