‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 168 sur 224 · ECKERMANN, III, p · texte numérisé non relu

ECKERMANN, III, p

les bruits de la nature, elle croit le yoir et Tentendre; il semble que l'uniyers tout entier emprunte sa Voix et ses traits. Tel est le sujet des deux poésies. On voit que l'énumération s'ofTre ici comme le mode naturel du développement, et, malgré Taversion de Goethe pour cette forme commode et bana^le dont les poètes ont tant abusé, le sujet la lui imposant, il ne pouvait s'y soustraire. Mais Ténumératian, monotone et retombant sans cesse sur un même refrain, dans la poésie de Frédérique Brun, devient, sous sa main, souple, variée, graduée. La première passe en revue les différents aspects de la nature, au hasard de son imagination, et elle répète sans cesse en présence de chaque nouvel objet: « Je pense à toi 9. Elle pourrait multiplier les images, elle pourrait en retrancher Tune ou l'autre : la poésie n'en serait ni pire ni meilleure. Voyez, au contraire, l'enchaînement et la gradation des strophes dans le lied de Goethe :

« Je pense à toi, lorsqu'à mes yeux la clarté du soleil ^ rayonne sur la mer; je pense à toi, quand la lueur de y> la lune se reflète dans les fontaines.

1^ Je te vois, quand sur la route s'élève au loin la pous- ^ sière; dans la profonde nuit, quand sur l'étroit sentier » tremble le voyageur.

» C'est toi que j'entends, lorsque avec un sourd mur- »mure le flot monte là-bas; dans le bois tranquille je :» vais souvent prêter l'oreille, quand tout se tait.

» Je suis avec toi : si loin que tu puisses être, tu es » près de moi. Le soleil décline, bientôt me luiront les > étoiles: Oh! si tu étais là M »

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