Ich denke dein, wenn mir der Sonne Schimmer
Vom Meere strahlt :
Ich denke dein, wenn sich des Mondes Flimmer In Quellen malt.
302 POÉSIES LYR'IQUES i)É 'G'OETHE.
La première strophe marque par dèûjt imagés, les plus simples et les plus familières^ la constanle préoccupation de la jeune fille: elle pense à lui le jodr/ elle pense à lui le soîr. Mais cette pensée, quoîquJ^ Tôbjet ep soit toujours le même, ne demeure pas Imnrfôbilel « L'a constance, comme Ta observé La Kbchefôucaait avec finesse, mais en jetant à tort le blâmé sur le plus inilôcentçtle plus légitime des mouvements dé'nôtfe'cœùi*, la constance en amour n'est qu'une inconslahcé arrêtée et renfermée dans un même sujet i>. Aussi Fà jeune fille de Goethe se représente^ comme Marguerite, tantôt « la (iémarche fière, la noble .figuré » de son ami, tantôt (c'sè's lèvres si douces et ses yeux perçants », tantôt « lé flux enchanteur de ses paroles ». Les traits e m pruHtêS à la nature correspondent aîu. sens éveillé : elle voit s'en amant quand la poussière s^élève, elle i*ehtend quahd la vagué piugit.
Mais ce souvenir ne transformé pas seiilemenl les figures et les'sônsque perçoivent sessens^' il éclairé ses yeux dans les ténèbres èi leur montré l'image adôré'e v'il donne une voix au silence, et cette vôiît est celle *dè ^on
Icli sehe dicb, wenn auf dem fera^a We^e .; .1
Der Staub sich hçbt ; In "ficfer 'Naèht,' wéhîi àuf derfi schmaileri Btegfe ' ■ " •'!•••!;• '- ' • . Der Wandrér |>ebtj I 1 :.. , ' .-.f.,(.
Icii hbrè rfiVih,'we!nh' dort mit duriipfem'Rftuachen-
) . . , . Di^ Welle «feigt; \ i ■ , ,-., f
Ims^illcn Haine geh' ich oft zu,lauschei^, Wenn aTles schweigt'.' '
Ich bin bei dir, du seist auch noch so ferne ;
' Du bistmip nahl- i- // . . • . 1 Die Sonne sinkt, bald.lduelit6Q nie die Sterne. . •.:.'.i". 0,'wftr«t du da,
•\(M[iiE, I, p. 48#
"^pofe'èité'éiWRsÉs: ^' ' m
mdni. 'Et si Va méirtioh' aés niûsiW^ae rà^ Vue i^Wé^^^^
ôellè? âëkiilîiïsiih's'de' l'ôale; lié pfoéte' h'a^f-îï paé^Viniîit
mà^qùef , 'j)ai' dette gradation, qàe !• imâè'îna(itti4''(ïui^èlil!e
etïait 'tésônher'eYi rto^s'Ie^ adéenté'élles'îtffltexloh^idëid
Moii est ï>lùâ' feublSlé éhcbré et'ifïttis /âi^ qtfé'cfellè'iqwl
coWre éldëésitie lesobfetâ et les ê«*res absehts^'Blifin lihë
deriiil!i*e illasiofn, là *()Ius dôlidéuâe de toltitfeg, est ffîtiTôl
îndl<ïuiéiB' qde TfDiârqiiéé; Tikls ioàiXneil-dittive^isUttè ib
rêve en se prolongeant augmente Tinlensité Hlé ta:^ll§î6iî;
nu' brusqua et douloureux péTeil dissipe <ies mirafeë^au
thomelitojjl'la jeuno'fîlie^Fbjpait tenir ^miNrassé'SOfi amantj
Sondant alors d'tmine^ardi'abttne qui isépafr&riHuiioafla
plus Yive>et'la {ilusidéoeVantei de^ l0<<chi^^et4o<ivdraiiid
ppé^ike^ elle accusé de nt^ensQnge 6ësil1«tteiisesir^vert«é
et S'éeriè aveo^un soupir id'inèffaii^ regret! -«'Obî'si'to
étais'iài!' ^-^ Cette Gii, t^ite i naturelle et>>pifrenii9nt»hu^
mglinie/ apipaHieilt encollée ai GéelheiiLa* piècedei Frédèrique
Brun $é temiHie leo éiégiie chr^iennej par Fespéranee 4le;
voir se prolonger au delà de la tombe ce souvenir dont
son cœur se repait. ' - . i
L'expression^ emphatiqoe etredoiidaAte dans la pièce imitée, est chez Goèthé à la foi^ sobre et sensible, transparente et discrète. ' ' ' ' 1
Ce n'était pas toujours ^^r dbs poéjât^ allemandes que Goethe greffait ses proprjeiSî iaspiratioi:iSt; il se plaisait à transplanter les fleurs éçloses en d'aïf tr^s pays, sous des climats plus doux ou plus nudes^ en Finance et en Suisse, en Finlande et en Italie.' Quelquefois il se contente du rôle de traducteur, et, dans ce cas, Hmilation n'a pas toujours le tour aisé, la libre' alluté, le |et spontané de Torigiaal. Son Chant de FmlmJfieiSiwi^ et froid, tandis qu'on retrouve dans la« v^nsiofi frâfnçaise où il Ta puis^^
les traces d'une vive et absorbante passion. Son Chant de Suisse^ écrit dans le dialecte original, est plus franc et plus coulant : mais peut-être est-il moins une imitation qu'une copie ; peut-être s'est-il cru le droit de s'approprier celte pièce, pour avoir arraché quelques herbes folles, pour avoir coupé les rameaux parasites. Nous aurons occasion de revenir plus loin sur cette absence de scrupule littéraire et d'analyser ce trait de caractère si particulier.
Mais il est le plus heureux lorsqu'il n'emprunte aux poésies qu'un motif, une cadence, un refrain, et quMl répand sa sève dans cette enveloppe étrangère. Son Chant de nuit est un pur chef-d'œuvre. La romance italienne *■ qui a fourni la coupe et le refrain de ce lied, tout aimable et chantante qu'elle est, s'efface devant la poésie de Gœthe. J'imagine que, lorsqu'il l'a entendu chanter, soutenue et relevée par la mélodie de Reichardt, h refrain par son expression vague qui irrite la curiosité et favorise