‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 170 sur 224 · Tu sei quel dolce fuoco · texte numérisé non relu

Tu sei quel dolce fuoco

L*anima mia sei tu.

E degli affetii miei — Dormi! che vupi di più?

E degli affetti miei Tien la chiave tu.

E di slo cuorc hai — 4 Dormi ! che vuoi di più?

Ë di sto cuore hai Tutte le parti tu.

E mi vedrai morire — Dormi ; che vuui di più?

E mi vedrai morire, Se lo commandi tu .

Dormi ! bel idol mio !

Dormi! che vuoi di più?

le rêve, aura tout d'abord éveillé l'attention du poète : Dormiy che vuoi dipiù ? « Dors, que veux-tu de plus ? » Ces mots, tels qu'ils sont employés et répétés dans l'original, disent simplement que le sommeil est bon, qu'il est notre plus doux bienfait. Mais que le sens en sera étendu et rehaussé si le second membre de la phrase, « que veux-tu de plus ? » , grâce à l'habile conduite des paroles et des pensées, se rapporte à la fois à l'idée contenue dans la strophe entière et à l'invitation au sommeil qui la termine ! C'est là le caractère de ce refrain dans la poésie de Goethe. Pour lui donner cette double portée, il clôt la phrase avec la strophe ; il ne laisse pas la pensée suspendue en jetant le refrain au travers ; mais il se garde de renoncer à l'invention heureuse qui excusait la maladresse de la coupe, à cet enchaînement serré des strophes grâce à la reprise constante du troisième vers ; les mots qui terminent la phrase dans une strophe commencent la proposition et la strophe suivantes et bercent ainsi, par ce flux et ce reflux, l'oreille et l'imagination. Mais ces changements extérieurs ne seraient qu'un ingénieux tour de force de versification s'ils ne mettaient pas en saillie une émotion plus profonde et plus variée. Dans la chanson italienne, c'est le thème banal des sérénades, l'éternelle adoration, les protestations accoutumées des amants ; la poésie de Gœthe est tout un drame où chaque strophe forme un acte, drame tout intérieur, conflit entre l'amour platonique et l'amour sensuel, lutte de Tadoralion désintéressée et de l'exigeante passion, où Textase et la douleur triomphent tour à tour et succombent jusqu'à ce que la résignation et le renoncement final viennent mettre un terme au combat :

« Oh ! de tes moelleux coussins, daigne, en rêvant,

» prêter l'oreille un peu ! Aux sons de ma guitare^ dor3! ... » Que veux-tu de plus?

> Aux sons de ma guitare, l'armée des étoiles bénit les » sentiments éternels, bors !... Que veux-tu de plus?'

»Les sentiments éternels m'exaltent, m'entraînent loin » du terrestre tourbillon. Dors !... Que veux-tu de plus?

j> Le terrestre tourbillon, tu ne m'en sépares que » trop : tu me relègues dans cette froide nuit. Dors !... » Que veux-tu de plus?

» Tu me relègues dans cette froide nuit ; tu ne » m'écoutes qu'en songe. Hélas ! sur tes moelleux cous- » sins, dors !... Que veux-tu de plus* ?»

1, gieb, vom wéichen Pfiihlc,

'Irâuniend, ein halb Gehor! .

Bei meinem Saitenspiele Schlafel waswills^ du mehr?

Bevi meinem Saitenspiele Scgnet der Sterne Heer Dîe ewigen Gefûhle ; '

8ch]afe ! was -willst du mehr?

Die ewigen Gefuhle Heben mich hoch und hehr Aus irdischem Gewiihle; Schiafe ! was willst du mehr?

Vom irdischea ^cwuble, Trennst du mich nur zu sehr, Baniist mich *fn dièse Kiihle, Schiafe! was willst du mehr?

Bannst mich in dièse Kiihle, GiebôfnXip im Traum Gehôr.

Ach, auf demweichenPfuhle Schiafe ! was willst du mehr?

Goethe,!)^ 1.7

Le sonnet, introduii dans kl' poésie allemande par Opîtz et la première écdie de Silésie, avait été abandonné après Tabus qtr'en avaient fait Lôhenstein, Hoffmanswaldau et leurs àniis. Burger le remit en honneur; H célébra tour à tour sa Molly dans des chansons de ton et de forme populaires et sur le mode raffiné dû sonnet italien. Les chefs de Fécoleromnintixiae, amoureux des formes harmonieuses et des ciselures de la poésie, plus curieux des beaux vases que delà liqueur qu'ils contiennent, firent preuve, dans remploi du sonnet, d'une virtuosité plus grande, d'une habileté technique plus siîre d'elle-même. Gœlhe ne se sentit pas attiré d'abord vers un genre dont le joug est si pesant à l'inspiration ; il composa un sonnet * pour combattre le sonnet : « J'ai toujours aimé, dit^il, à tailler en plein bois, et pourtant ilnie faudrait aussi coller de temps en temps'. » Cette opposition ne fut pas de longue durée. * . -

En 1802, il proclama sa conversion dans un nouveau sonnet qui chante l'alliance de l'art et de la nature» « Qui veut de grandes choses doit rassembler toutes ses forces : c'est seulement dans la contrainte que le maître se révèle, et la loi seule peut nous donner la liberté ^ :»

1. Voir sur quelques sonnets antérieurs à celui-ci, Duntzer, ÛcBlhe's iyrUche Gedichté (^ éd., 1876), lïl, p. 244.

2. Ich schneidesonst so gern ans ganzem Holze, Und musste niih docti auch mitunter leimen.

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