id., p
tain goûty une certaine disposition à proposer des énigmes, le talent de les résoudre ^ », chacun de ces traits s'applique à la poésie de Goethe, telle que les années l'ont faite et modifiée.
A Hafiz le rattachent des liens encore plus étroits. Gomme lui, il prétend concilier la religion et la liberté de la pensée; il veut interpréter la Bible et les Évangiles avec ce singulier mélange d*audace et de respect que Hafiz montrait à l'égard du Goran ; il cite comme un modèle de raison éclairée et indulgente le /'efu^a prononcé sur Hafiz par le mufti Ebusuud. Gelui-ci, interrogé par les jurisconsultes mahométans sur Tinterdiction de la lecture des poésies de Hafiz, répondit : c Les poésies de Hafiz contiennent beaucoup de vérités certaines et irréfutables, mais çà et là il se trouve aussi quefques légers passages qui dépassent véritablement les limites de la loi. Le plus sûr est de démêler ces vers les uns des autres, de ne point prendre du venin pour de la thériaque^, de s'abandonnner à la pure volupté des bonnes actions et de se défendre de celle qui entraîne à sa suite des châtiments éternels. » Ainsi, ajoute Gœthe, laissez au poète la liberté du chant; jugez-le d'après ses actes, et non d'après ses paroles. Enfin, et ce vers résume son propre caractère religieux, ainsi que celui de Hafiz, il veut être comme lui (c bienheureux sans être pieux ^; ]inous dirions en prose, pieux sans être dévot.
Une autre analogie entre Hafiz et lui, c'est la fraîcheur de leurs sentiments malgré le nombre de leurs années :
l.Id., p. 241.