‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 184 sur 224 · Der du, ohnefromm zu sein, selig bist · texte numérisé non relu

Der du, ohnefromm zu sein, selig bist

GOBTHE, IV, p. 24.

tous deux sont vieux, et ils prennent plaisir tous deux à ce qui est jeune, nouveau, brillant, à la lumière du soleil, au parfum de la rose, aux mélodies du rossignol.

Enfm, Tamour vient les visiter l'un et l'autre à cette arrière-saison de la vie et leur dicte de& chants délicats et passionnés. Goethe trouvait dans Hafiz une peinture de l'amour bien plus riche, plus hardie, plus féconde en hyperboles et en inventions que ne le sont nos descriptions occidentales. < J'ai senti le parfum de l'amour, s'écrie le poète persan, j'ai vu l'éclair delà jouissance... Depuis que ton ombre riche en bénédictions a couvert ma tête, la destinée est devenue ma servante, et la fortune mon esclave... Devant la poussière que foulent les pieds, j'ai cent fois étendu ma face... et j'ai toujours lié le bagage de ma vie à un seul cheveu. A quel jeu se livre l'œil que j'aime, Tenchanteur qui m'a fait reposer tout l'édiiice de ma vie sur la magie de son regard ; blotti dans le coin de l'espérance, semblable à ceux qui contemplent la lune nouvelle, j'ai dirigé l'œil du désir vers ces sourcils doucement arqués^ . >

On comprend que ces richesses de métaphores et ces rapprochements soudains des objets les plus disparates et des conceptions les plus éloignées aient tenté l'imagination de Gœthe. Il y trouvait des ressources nouvelles pour varier le thème éternel de sa poésie. Cet amour, qu'il avait chanté d'abord sur l'humble mode allemand et célébré ensuite dans les rythmes sévères de la muse antique, il voulait l'orner des pierreries les plus éblouissantes et le combler de tout le luxe de l'Orient. Il pensait sans doute à ce livre de Suleika lorsqu'il disait

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