‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 193 sur 224 · Gœthe's Leben, p · texte numérisé non relu

Gœthe's Leben, p

7. Ou plutôt son fils, qui a enrichi de notes son excellente Histoire de la littérature allemande.

8. Westermann's iWu«/rtHe (few^sc/ie Monatsheftey sept. 1870. —

DIVAN. 3il

phiques;il rapproche avec la minutie consciencieuse qui distingue sa crilique, les dates des poésies de celles que fournissent les documents contemporains, et, en particulier, le Journal de Boisserée; mais il considère dès l'abord la question de propriété première, du moins pour une partie des liederàe Suleika, comme résolue en faveur de Marianne. Nous croyons qu'il vaut la peine de discuter celte affirmation, d'instruire ce procès avec circonspection et de ne prononcer un jugement qu'après confrontation de tous les témoins, toutes pièces en main, sans complaisance et sans prévention, sans parti pris même pour la gloire du poète, trop haute d'ailleurs et trop solide pour que cette hypothèse, même fondée, puisse l'atteindre ou l'entamer.

Marianne Jung, née le 20 novembre 1784 à Linz, était venue à l'âge de quatorze ans à Francfort pour y monter sur les planches en qualité de danseuse, de chanteuse et de comédienne. Deux ans après, elle fut distinguée par > le conseiller deVillemer, qui l'enleva à la scène, l'installa dans sa maison, et, comme Goethe à l'égard de Christiane, ne l'épousa qu'au bout de quatorze années. Goethe, dans ses voyages du Rhin, en 1814, s'arrêta à plusieurs reprises à Francfort, logea chez les Villemer et fut vile gagné par la grâce aimable de l'hôtesse, par sa beauté, par la séduction de son chant.

Les témoignages de Sulpice Boisserée confirment sur ce point le récit de M. Grimm. Dans leurs entretiens, Goethe fait l'éloge de Marianne. Elle chante un soir < de jolies chansons populaires, puis la mélodie de don Juan,

De nouveaux détails sur Marianne de Villemer et un grand nombre de ses poésies se trouvent dans Touvrage d'Emilie Kellner, paru en 1876: Gœthe und das Urbild seiner Suleika.

La ci darem la mano arrangée en air. Gœthe l'appelle un petit don Juan ; en vérité, son chant avait élé si ravissant que nous fîmes tous de grands éclats de rire et qu'elle, la tète cachée dans ses notes, ne pouvait plus se remettre * . »

Le 24 septembre, à Heidelberg, € pendant que nous étions à table, Villemer arrive àTimproviste... Après que nous fûmes restés assis pendant un court moment et que nous nous fûmes remis de la première surprise, Gœthe sort brusquement, je le suis dans sa chambre, il me dit : t Nous ne pouvons pas manger pendant que ces dames ai- » tendent à Thôtel. » Cela donne une alerte extraordinaire. Je me rendis chez ces dames, et ce ne fut qu'à notre retour que Gœthe consentit à se rasseoir à table'. »

Les dates de la composition des poésies du Divan concordent presque toutes avec celles du Journal de Boisserée. D'ailleurs, la terrasse et la forêt qui figurent dans une des chansons de Hatem se retrouvent dans des vers d^album adressés à la famille Villemer. C'est à Marianne aussi que Gœthe envoie la feuille de Gingo biloba qui lui sert d'emblème amoureux^.

Nous considérons donc ce premier point comme acquis : Marianne de Villemer est Suleika, l'étoile poétique la plus brillante qui ait éclairé les dernières années de Gœthe. Mais dans ce dialogue brûlant où Hatem et Suleika exhalent leur passion, le poète prête-t-il sa voix à sa bienaimée, comme Horace à Lydie, comme Chénier à la Jeune Captive ? ou bien Marianne chante-t-elle son amour ellemême, comme Sapho, comme Louise Labé, comme tant

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