GCETHE, IV, p
courtes strophes de quatre vers, les trochées des odesanacréontiques, les rythmes libres, les formes et les moules des poésies de sa jeunesse. Mais pour mettre en harmonie les sons et les couleurs, pour rehausser Téclat des mots en même temps que l'éclat des images, il cherche les rimes les plus riches et les plus curieuses. Autrefois, raccord entre la rime et le sens était si heureux, si plein, si aisé qu'il fallait de propos délibéré fixer son attention sur la rime pour en remarquer la parfaite convenance et la juste propriété : elle se posait sans bruit sur les mots que la pensée mettait en saillie; elle semblait mesurer l'ampleur ou la ténuité des sons à Timporlance du rôle qu'elle avait à jouer. Dans le Divan, elle se montre et s'afliche; elle est envahissante et se pose volontiers sur deux mots àlafois,aurisque de trahir par une gaucherie, par une chute maladroite, la date récente de ses prétentions*.
Ce contraste entre les premières poésies et le Divan ne se marque pas seulement dans la rime, il s'étend sur le style tout entier, surles mots, les tours et les expressions. Dans ses premiers lieder, Gœthe se contentait des termes familiers au peuple, il remettait en honneur les locutions franches et vives, les expressions colorées de la langue du XVI® siècle ; il n'empruntait au français que les mots (|u'un usage presque despotique lui imposait. Dans le Divan, l'emploi des mots français est plus fréquent et plus arbitraire^; les mots anglais pénètrent à leur tour, tantôt sans changement^, tantôt affublés d'une terminaison