Thunder (iy, p
et d'un préfixe allemands*. Des suffixes inusités, des abréviations inouïes donnent une apparence étrangère aux termes les plus simples *. Si Goethe créait autrefois, surtout dans ses odes, des expressions nouvelles, s'il usait du privilège que donne la langue allemande d'associer les mots et de les fondre les uns dans les autres, les innovationsy les rapprochements, les combinaisons étaient selon l'esprit de la langue et dans son courant familier; aujourd'hui, ils sont bizarres, forcés, tout de caprice et de lubie.
La syntaxe offre des élrangelés du même genre. La suppression du pronom personnel dans les propositions principales est fréquente et autorisée dans la poésie allemande; le poète du Divan Tétend aux propositions incidentes où elle nuit à l'aisance du discours'; ailleurs, le pronom fait pléonasme en accompagnant le substantif. Telle préposition nécessaire est supprimée ; telle autre succombe sous le poids de Tellipse qu'elle doit porter^. Mais la palme, parmi toutes ces étrangetés de diction, revient à un gallicisme incompréhensible au lecteur qui négligerait de remonter à l'élymologie française {gestàngelt, perché).
Il est difficile de nourrir avec autant de bonne foi une illusion aussi trompeuse que celle qui égarait Goethe dans l'appréciation de son œuvre. Voici ce qu'il dit de sa manière d'écrire, en parlant de lui-même à la troisième personne, selon une habitude chère à ses dernières années :