‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 201 sur 224 · Voir GCETHE, IV, p · texte numérisé non relu

Voir GCETHE, IV, p

€ Notre poète s'est fait, avant tout, un devoir de la clarté; il a pris soin de s'exprimer dans le langage le plus simple, dans le rythme le plus facile, le plus insinuant de son idiome, et il n'a laissé entrevoir que de loin ces artifices et ces raffinements par lesquels les Orientaux s'efforcent de plaire*. >

Nous venons de voir ce qu'il convient de penser de la simplicité de sa langue; nous avons énuméré, sans en épuiser la liste, les fantaisies arbitraires et puériles qui la déforment : il est facile d'en conjecturer les conséquences pour la clarté du style et la facilité de la compréhension. Gœthe voit dans l'introduction des mots étrangers la principale barrière qui sépare son lecteur de son poème*: il croit la faire tomber en accumulant les notes et les commentaires. Mais c'est la langue même qui est pénible et contournée. Cette obscurité de l'expression n'est pas toujours, comme dans les exemples que nous avons cités, le fruit de la négligence ou du caprice : elle est souvent le résultat d'une réflexion trop subtile ou trop condensée, dont le poète néglige de dégager les avenues. Aussi est-il inexact ou du moins incomplet dédire, comme on l'a fait^, que « la forme occupe dorénavant le premier plan et qu'elle empiète sur l'idée. » Tantôt la forme prévaut, comme nous l'avons vu pour la rime, dont l'importance est hors de proportion avec le sens qu'elle relève; niais ailleurs, l'idée est à la gêne dans le vêtement trop étroit où elle a fait effort pour entrer. En un mot, comme nous l'avons dit plus haut, l'équilibre est rompu entre la forme et le fond, entre l'expressionet la pensée. Ces noces

Page 1