‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 202 sur 224 · Gruppe, Poètes allemands , IV, p · texte numérisé non relu

Gruppe, Poètes allemands , IV, p

si admirées par Gœthe dans les poésies de Hafiz, où l'esprit joue le rôle de marié et l'expression celui de la future % Gœthe les avait célébrées dans les deux premières périodes dé son activité poétique; mais dansla troisième, malgré la durée de cette union, les dissentiments éclatent, les querelles se multiplient pour le commandement et la préséance : tantôt le mari, c'est-à-dire l'esprit, prend le dessus et tyrannise sa moitié; tantôt l'épouse, c'est-àdire la forme ou la langue, se venge des outrages qu'elle a subis et fait partir aux oreilles du mari silencieux un long feu d'artifice de vaines paroles.

D'ailleurs, cette concision fréquente de l'expression, cette recherche du relief, cette concentration de la pensée, qui aboutissent quelquefois à l'obscurité et au mystère, atteignent aussi souvent le genre d'éclat et de beauté dure et sérieuse auquel elles prétendent. On ne peut dire de ces poésies du Divan, qu'« elles s'offrent au regard enchanté délicates et légères, comme si elles sortaient du néant*. > Le poinçon de Torfèvre se marque sur lesfaceltes du diamant, sur les contours du rubis et de l'émeraude, sur les ciselures de l'argent et de l'or. Boisserée représente le Divan comme un écrin rempli de perles et de pierreries, tandis que les premières poésies de Gœthe ont été souvent comparées à des fleurs pour leur coloris et leur parfum. L'une et l'autre image est juste et rend

Page 1