Lettre du 6 janvier
3. Voir le dernier article de M. Cottler sur les poésies lyriques de Goethe dans la Revue de VInstrucHon publiqtie (l«r sept. 1875).
4. Was wâr' ein Golt, der nur von aussen sliesse, Im Kreis das AU am Fingerlaufen liesse!
Ihm ziemt*8 die Welt im Inncrn zu bewegen, Natur in Sich, Sich in Natur zu hcgen,
Et, dans une autre poésie, il donne à la même idée ce tour paradoxal qui devient la forme préférée de ses pensées :
€ Dans la contemplation de la nature, vous devez tou- » jours considérer l'individu comme le tout ; rien n'est » dedans^ rien n'est dehors, car ce qui est dedans est 1^ dehors. Comprenez ainsi sans retard le mystère saint y> et manifeste*.»
Cet amour du paradoxe qui, chez Gœthe, marque la persistance de l'artiste sous le philosophe, l'expose souvent à des interprétations erronées. Un jour, voulant exprimer l'idée de la constante métamorphose des êtres isolés, de leur existence passagère en face de la durée éternelle du principe suprême vivant et agissant dans tout l'univers, il avait écrit ces vers :
« Pour se retrouver dans l'infini, l'individu s'évanouit » volontiers... Il faut que tout être se meuve, qu'il agisse » en créant, qu'il se forme d'abord, puis se transforme ; y> s'il semble se reposer un moment, ce n'est qu'une » apparence. L'essence éternelle se meut sans cesse en 1 toutes choses, car tout doit tomber dans le néant, s'il » veut persister dans l'être '. f^
So dass, was in Ihm lebt iind webt und ist.
Nie Seine Kraft, nie Seinen Geist vermisst.
Goethe, II, p. 285.
1. Miisset im Naturbetrachlen Immer eins wie ailes achten; Nichts ist drinnen, nichts ist draussen :
Denn was tnnen, das ist aussen .
So ergreifet ohne Sâumniss Heilig offenUich Geheimniss.
Goethe, II, p. 293.