Voir p
qu'il ait écrite, Prométhée, est un défi jeté à la divinité, une déclaration de guerre, l'expression d'un hautain' mépris et de la plus mordante ironie.
On ne peut guère ranger dans cette catégorie les poésies naturalistes de ses dernières années ; elles sortent moins d'un fonds religieux que d'une conception philosophique, elles sont moins lyriques que didactiques. Au lyrisme le plus élevé appartiennent, au contraire, ces odes de la jeunesse de Goethe qui traduisent les sentiments de l'homme en face des plus hauls problèmes de notre vie morale, les Bornes de Vhumanité^ le Diviriy le Chant des esprits au dessus des eaux *.
La nature que Gœthe a tant aimée, il semble qu'il ait dû souvent la chauler. Et en effet, à première vue, on trouve dans son œuvre beaucoup de poésies qui la célè brent. Mais en y regardant de plus près, nous voyons que, dans ses lieder, il ne chante jamais la nature pour elle-même; elle n'est qu'un cadre, un ornement extérieur. Le poète se contente de noter une harmonie sensible entre les phénomènes de la nature et ses propres sentiments. Dans ce Chant de mai % où toutes les splendeurs du printemps sont revêtues des plus brillantes couleurs, ce spectacle n'est qu'un magnifique décor, une fête offerte à son amie. Gœthe n'a pas chanté la nature directement et d'une façon désintéressée, comme Hatthisson et Lenau, comme Lamartine et Wordsworth. Il avait en aversion, autant que Lessing, le genre de la poésie descriptive; il ne voulait pas faire des paysages dans ses vers et s'exposera une défai e assurée en face de Ruysdaël et de Claude Lorrain. A cet