‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 220 sur 224 · Voir p · texte numérisé non relu

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cours de sa vie, que des pièces banales improvisées pour une fête ou inscrites dans un album, quelques aimables chansons de société et les stances en Thonneur de Schiller, animées du plus sincère et du plus profond regret. Hais il n'a laissé aucun cycle de chants qui la célèbrent, aucune peinture d'une amitié enthousiaste et passionnée, comme la poésie anglaise nous en offre deux modèles dans les sonnets de Shakespeare et dans/n Memoriam de Tennyson.

Les poètes ont rarement chanté la piété filiale. Ont-ils été retenus par une pudeur instinctive? ont-ils craint de célébrer une part d'eux-mêmes en prodiguant des louanges à leur père ou à leur mère? ou bien ce sentiment si profond est-il trop simple et trop uniforme pour se prêter à une abondante variété d'expressions? Quoi qu'il en soit, Goethe a observé la réserve commune; il a parlé avec complaisance de ses parents dans ses Mémoires; mais nous ne trouvons dans ses poésies d'autre hommage que celui que leur rendent les vers si souvent cités des Xénies apprivoisées, que nous avons rappelés à la première page de notre étude.

La poésie lyrique avait négligé de même les enfants, jusqu'à ce qu'un poète contemporain^ les eût célébrés dans ses vers avec un bonheur égal à sa tendresse. Bien que Werther se selite fortement attiré par le charme et la candeur de l'enfance, Gœthe ne l'a jamais chantée. La petite danseuse des Épigrammes vénitiennes* a desal- ' lures d'adolescente et une coquetterie consciente que l'enfant ne connaît point. D'ailleurs, quand Gœthe lui*

1. Victor Hugo. — II a pu donner au volume où U a rassemblé ses plus belles poésies ce titre même : Les Enfants,

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