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transition, à des considérations plus hautes. Le sentiment ou ridée se rattache naturellement à la circonstance même qui a donné naissance à la poésie. Ainsi, dans ce lied, Gœthe dessine en quelques traits les roses et les feuilles que de jeunes amours éparpillent sur un ruban ; il voit en pensée Frédérique s'en orner et se regarder dans la glace avec joie; puis il ajoule :
((•Sens ce que mon cœur éprouve, tends-moi librement la main, et que la chaîne qui nous lie ne soit pas une faible chaîne de roses*. >
M. Duntzer nous semble commettre ici une singulière erreur. Il croit trouver dans cette dernière strophe l'expression d'une séparation déjà consommée. « Frédérique, dit-il, doit tendre la main au poète librement ^, sans revendiquer la possession de son cœur^. » Puur réfuter une pareille interprétation, qui enlève à la poésie son cachet de naïve et profonde tendresse et y substitue je ne sais quelle froide subtilité, il suffit d'insister sur le sens du mot frei. Elle lui tend la main, elle se donne à lui librement, sans contrainte, dans la pleine conscience de son amour pour lui*.
1. Fiihle, waSdies Herz empfindet, Reiche frei mir deine Hand, Und das Band, das uns verbindet, Sei kein schwaches Rosenband!
2. Le mot frei ne se trouve pas, d'aiUeurs, dans le texte primitif.