‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 26 sur 224 · An die Erwœhltey Goethe, I, page · texte numérisé non relu

An die Erwœhltey Goethe, I, page

2, Schon ist mir das Thaï gcfunden, Wo wir einst zusammen gnhn .

Uiid den Strom in Abendstunden Sanft hinuQter gleiten schn.

Dièse Pappein auf den Wiesen, Dièse Buchen in dem Hain !

Ach ! und hinter allen diesen Wird doch auch ein HQttchen sein

santés, où le ciel se montrait dans toute sa magnificence, après atwir abreuvé la terre d'une rosée surabondante. Et pour que ce spectacle ne devînt pas trop uniforme, des nuages s'amoncelaient souvent sur les montagnes lomfaines, tantôt (fun côté, tantôt de l'autre. Ils restaient des jours, des semaines, sans troubler le ciel pur, et même les orages passagers rafraîchissaient Ta campagne, embellissaient la verdure, qui, tout humide encore, brillait de nouveau sous les rayons du soleil. — : Dans ces circonstances se réveilla àTimprovisle ma verve poétique, depuis longtemps endormie *. »

Comparez à cette riche peinture le chant suivant : ne nous donne-t-il pas l'impression directe et présente de cette splendeur printanière que le récit des Mémoires vient de décrire, et ce récit même n'a-t-il pas emprunté à la poésie quelques-uns des traits les plus parlants?

« Comme la nature resplendit avec magnificence! comme le soleil brille! comme rit la plaine!

-» Des fleurs sortant de chaque branche, et mille voix des buissons,

> Et la joie, et la volupté de chaque poitrine! terre, 6 soleil! ô bonheur! ô félicité!

> amour, amour! splendide, doré comme les nuages du matin sur ces hauteurs là-bas f

» Tu bénis magnifiquement les fraîches campagnes et la terre féconde dans les vapeurs embaumées qu'exhaleat les fleurs.

> jeune fille! jeune fille! que je t*aime! comme ton oeil luit! comme tu m'aimes!

i. GdSTHE, XXII, p. 21.

)) Ainsi l^alouetle aime le chant etl'espace, et les fleurs du matin la vapeur du ciel,

» Comme je t'aime d'un sang ardent, toi qui me donnes jeunesse, et bonheur, et courage

» Pour des chansons nouvelles et des danses. Sois heureuse éternellement, comme tu m'aimes ^ »

C'est le chant de triomphe de l'amour heureux qui jouit de voir et de sentir la nature en pleine harmonie avec son bonheur. Le délire de la joie se fait jour par une série d'exdamations dont le caractère n'est pas vague, général, mais précis et concret : c'est une suite d'images. Toutes sont prises dans la réalité, en une même place, en un même moment : nous sommes en pleine campagne, au matin. Ce que le poète ne voit pas, il l'ignore; ce qui

Page 1