‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 30 sur 224 · Le Voyûgeur. Goethe» II> p · texte numérisé non relu

Le Voyûgeur. Goethe» II> p

pressentir et de chérir à l'avance ce que Thomme qui cherche la réalité doit nécessairement aimer et contempler avec joie, lorsqu'il le trouve vivant et qu'il le reconnaît*. » Mais si Mendeissohn se trompa sur la date et sur l'inspiration première de ce dialogue, de celle idylle, Gœthe lui-même commit une erreur bien plus singulière et curieuse à analyser. Il écrivait, en effet, en septembre 1773, à Keslner : «Tu trouveras à la page 15 (de VAlmanach des Muses y de Gœttingue) le Voyageur, que je recommande à la bienveillance de Charlotte. Je l'ai fait dans mon jardin pendant une des plus belles journées, le cœur plein de Charlotte, dans un contentement tranquille, toute votre félicité future devant mon âme. Tu trouveras, si tu l'examines bien, plus d'individualité dans ce morceau qu'il n'y paraît; tu reconnaîtras sous l'allégorie Charlotte et moi, et ce que j'ai cent fois éprouvé auprès d'elle. » Quoi de plus clair en apparence, et de plus certain? Avec quelle confiance les critiques pouvaient se complaire à retrouver daus la jeune paysanne de Cumes les traits de l'aimable Charlotte de Werther? La publication des lettres de Herder et de sa future, Caroline Flachsland, vint renverser toutes ces conjectures. En effet, dans une lettre d'avril 1772, celle-ci écrit à son fiancé : c Une poésie de Gœthe sur une cabane élevée dans les ruines d'un vieux temple, est parfaite. > Puis, avec plus de détails, dans une autre lettre : c Le voyageur sur les ruines — la femme avec l'enfant dans ses bras — et la dernière prière pour une cabane, le soir^ — oh! je ne puis vous dire combien tout cela me traverse l'âme. Dieu ! où coudrons-nous notre cabane entre les ruines sublimes du passé ! »

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