Viehoff, Gœthe^s Gedichtef lî, p
2. Du moins d'après son propre récit. — Peut-être sa mémoire Ta-t-elle aussi trompé sur ce point. (Voir les notes de Lœper sur Wahrheit undDichtung dans Fédition de Hempel, II, p. 406.)
Wetzlar, il se fit dans son esprit une confusion analogue. Goethe vient de composer le Voyageur, de tracer le portrait de cette jeune femme naïve, aimante, hospitalière, heureuse dans le cadre modeste de son activité quotidienne, et il rencontre en Charlotte sa vivante image. N'est-il pas naturel que ce jeu de reflets répétés se soit reproduit, et qu'en relisant ses vers dans les beaux jours de Tété, heureux et apaisé, le cœur rempli de Charlotte, il se soit fait illusion à lui-même, et qu'il ait cru voir l'image de sa bien-aimée lui sourire à travers les lignes du poème?
En réalité, c'est encore à l'Alsace et à Frédérique que se rattache cette œuvre. Le cadre et le motif lui sont fournis à Niederbronn, pendant une excursion dans les Vosges. « Dans ces bains, déjà établis par les Romains, je fus enveloppé de l'esprit de l'antiquité, dont les ruines vénérables brillaient étrangement à mes regards en restes de bas-reliefs et d*inscriptions, en chapiteaux et en fûts de colonnes, au milieu des fermes, parmi le fatras et le mobilier du ménage*. »
Quant au sujet même, la date de la composition, le contraste entre la naïveté inconsciente de la femme et les raffinements de pensée dans l'esprit du voyageur *, tout le rattache aux relations de Gœthe avec Frédérique. La certitude augmente encore si nous rapprochons les derniers vers de notre idylle de la troisième strophe du lied <i  celle que j'ai choisie». Le poète décrit, aux deux endroits, la cabane voisine de la forêt de peupliers qu'il a choisie pour asile de son bonheur.
Gœthe n'aurait pas consigné dans ses Mémoires l'in-