‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 41 sur 224 · Un drame qu'il se proposait d'écrire · texte numérisé non relu

Un drame qu'il se proposait d'écrire

5 Pouvoir dominer. Ném., VllI,^.

conduises, et les fasses tourner , les fouettes, les retiennes et les chasses de nouveau jusqu'à ce que tous les seize pieds te portent au but en une seule cadence... c'est là être maître de son art, smxpaxeu, c'est là de la virtuosité. Mais moi, qui n'ai fait que me promener çà et là, et jeter partout un regard fugitif, sans rien saisir avec vigueur ! Saisir, étreindre, c'est l'essence de toute virtuosité ! Vous avez posé ce principe pour la statuaire, et je trouve que chaque artiste n'est rien, tant que ses mains ne modèlent point. «: Vous ne faites que voir les choses », m'avez-vQus dit souvent. Je vous comprends maintenant ; je ferme les yeux et frappe au hasard. Il faut que je réussisse ou que j'échoue. Qu'est-ce qu'un musicien qui regarde son instrument? x««f.ffç aaTcrot, rtxop aXxe/xcv *, voilà le secret de tout, et pourtant tout cela doit être uriy non pas pvptocv apiTOLvarùst vou ysuEcv. Je voudrais prier, comme Moïse dans le Coran : € Seigneur, fais-moi de la place dans ma poitrine resserrée ' ! »

On le voit par le début de cette lettre étrange : ce que Goethe admire surtout en Pindare, c'est précisément cette sincérité d'inspiration que plusieurs critiques modernes mettent en doute, celte plénitude du cœur, cette chaleur de sentiment, ou, selon les expressions mômes du poète, «ces paroles que puise aux profondeurs de Tâme une bouche inspirée par les Grâces 3. y>

Il n'y a aucune ressemblance, quant aux sujets traités

1 . Expressions homériques : a Des mains dont on ne peut ap- » prêcher un cœur vaillant. »

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