‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 42 sur 224 · Aus Ihrders Nachlass^ I, p · texte numérisé non relu

Aus Ihrders Nachlass^ I, p

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dans leurs odes, entre le chantre grec et le poète allemand. Le premier célèbre les vainqueurs des jeux olympiques et pythiques; le second chante les combats dont son propre cœur est le théâtre. Mais l'un et l'autre s'élancent en quelques bonds jusqu'aux sommets les plus élevés ; ils se rencontrent sur les hauteurs d'eii le génie plonge dans les abîmes du cœur humain. Pindaro et Gœlhe éclairent de vives lueurs les replis de notre àme, nos douleurs et nos plaisirs, les gloires ou les misères de notre destinée. Tous deux, ils traduisent leurs pensées tantôt directement, par une expression belle, sobre et concise, tantôt par une voie détournée, au moyen d'un mythe, d'une figure légendaire, d'un récit fabuleux. Sans doute, Gœthe altère le sens des fables antiques de Ganymède et de Prométhéo, pour les adapter à ses propres sentiments ; mais Pindare ne lui a-t*il pas donné l'exemple de cette interprétation libre et personnelle, lorsqu'il changea la légende de Tantale et qu'il s'écarta des antiques récits pour n'accuser, comme il dit, aucun des Immortels d'une sauvage gloutonnerie*?

La première ode, le Chant d'orage du Voyageur*, est le fruit immédiat de l'admiration de Gœthe pour Pindare, telle que nous Ta révélée sa lettre à Herder : elle a jailli de la même inspiration. Il envie, il recherche, il célèbre « cette chaleur intérieure, cette chaleur d'âme, ce foyer ^ » de toute poésie. Mais dans sa flamme pre-

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