‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 44 sur 224 · Goethe, H, p · texte numérisé non relu

Goethe, H, p

teur;cesont souvent, selon le mot bienveillant et spirituel (le Gœthe, « des remarques ingénieuses et sages à Toccasion de la poé^e, mais qui ne se dégagent point de son fond même. » Le Chant d'orage du Voyageur, Au postillon KronoSy le Voyage dans le Harz en hiver, sont des allégories réalistes, où la peinture de la situation présente, l'expression de la sensation immédiate, dépasse et déborde le cadre de Tidée ; tandis que, dans les allégories idéalistes de Schiller et de KIopstock, rimage qui sert de vêtement à la conception morale ou religieuse du poète ne réussit pas à l'envelopper en toutes ses parties, et que cette idée apparaît de temps en temps à nu par les ouvertures de la draperie qui doit la recouvrir.

Un jour, dans ses courses pédestres, Gœthe est surpris par l'orage. En proie à sa verve, plein du dieu qui l'anime, il chante à rencontre des vents et de la pluie : ainsi, dans les orages de la vie et des passions, le génie de la poésie nous enlève sur des ailes de feu. Au milieu de sa course, il aperçoit un paysan < petit, noir, ardent* ï>. Remarquez ces traits individuels: assurément, il le rend tel qu'il l'a vu, il dessine au passage une esquisse rapide et fidèle. L'espoir d'un feu bienfaisant et d'un vin généreux hâte son pas et excite son courage. Cette vue ranime l'ardeur du poète. La flamme intérieure qui le brûle, l'enthousiasme de l'art n'a-t-il pas plus de puissance que les vulgaires chaleurs du vin? D'ailleurs, les tempêtes, les luttes, les dangers trempent le vrai génie, celui qui aspire à la plus haute gloire : sans doute, Ânacréon, Théocrite et (semble-t-il ajouter) le poète des

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