‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 47 sur 224 · Spule diçh, Kronos · texte numérisé non relu

Spule diçh, Kronos

Fort den rasselnden Trott!

Bergab g^leitet der Weg;

Ekles Schwindeln zugert

Mir vor die Stirne dein Zaudern.

Frisch, holpert es gleich,

Ueber Stock und Steine den Trott

Rasch ins Leben hinein!

Nim schon wiedcr

Den crathmenden Schritt

Muhsatn Berg hinauf!

Auf denn ! nicht trâge denn !

Strebend und hoffend hinan !

Weit, hoch, herrlich der Blick Rings ins Leben hinein, Vom Gebirg* zum Gebirg' Schwebet der ewige Geist, Ewigen Lebens ahndcvoU.

Seitwarts des Ueberdachs Schattcn Zieht dich an,

Ce Temps que, par une personnification hardie^ ie poète confond avec le postillon qui le conduit, n'est pas le temps égal et monotone de la clepsydre antique, de l'horloge moderne, c'est le temps à la mesure de nos désirSy à la merci de nos passions. Nous gourmandons sa lenteur lorsqu'il s*oppose à la réalisation de nos espérances et au succès de nos efforts ; nous le prions d'arrêter sa course aux rares heures où la destinée nous sourit.

Les principaux moments de la vie, surtout de la jeunesse, sont saisis au passage et dessinés d'une main sobre, vigoureuse, qui, en quelques traits, ouvre les plus larges horizons : ainsi, cette comparaison des longs espoirs et des vastes pensées avec le regard du voyageur errant de cime en cime sur les espaces qui se déroulent

Und ein Frischung verheissendcr Blick Auf der Schwelle des Madchens da.

Labe dich! — Mir auch, Mâdchen, Diesen schâumenden Trank, Diesen frischen Gesundheitsblick!

Ab df.nn, rascher hinab!

Sieh, die Sonne sinkt.

Eh' sie sinkt, eh* mich Greisen Ërgreift im Moore Nebelduft, Entzahnte Kiefer schnattern Und das schloiternde Gebein ;

Trunknen vom letzten Strahl Reiss mich, ein Feuenneer Mir im schâumenden Aug* Mich geblendeten Taumelnden In der HôUe nâchtliches Thor.

Tône, Schwagcr, ins Horn,

Rassle den schallenden Trab,

Dass der Orcus vernehme : wir kommen,

Dass gleich an der Thtire

Der Wirth uns freundlich empfange.

devant lui ; ainsi, cette délicieuse halte de Tamour, cette coupe pleine d'un vin écumeux,'ce frais regard de santé. — La poésie porte sa date dans le vœu final. Ce n'est qu'à l'âge où la vie abonde en nous que nous écartons le spnctre de la vieillesse, que nous retranchons volontiers les années de langueur et de déclin pour garder intactes jusqu'au dernier jour l'intensité de nos sensations et l'ivresse de notre bonheur.

Pour un tel délire, pour une telle impatience de vivre, il n'y a qu'un moment : c'est la jeunesse, c'est pour Gœthe la période enchantée de 1772 à 1775, où son intelligence sans cesse agissante remue, sonde, combine les idées les plus hautes; où son imagination les incarne dans les types les plus divers, Prométhée, Goetz, Werther, Mahomet, Faust, Ahasvérus; où la fécondité, la puissance créatrice de son génie vient le poursuivre jusqu'en ses rêves; où la gloire lui sourit et l'accueille; où l'amitié, sous les traits de Merck, de Lavater, de Jacobi, lui prodigue toutes les ressources d'un esprit pénétrant, toutes les séductions d'un caractère aimable, toutes les ellusions d'une âme qui livre ses secrets et qui s'abandonne ; où l'amour enfin, avec ses luttes et ses douloureux enchantements, tantôt « l'élève jusqu'au ciel, tantôt l'afflige jusqu'à la mort » *, mais excite et aiguise toujours la sensation enivrante de la vie.

Nous retrouvons la même audace, la même confiance en soi, dans V Aigle et la colombe *, où un aigle blessé répond au ramier qui le console et lui prêche la modération : « sagesse, tu parles comme une colombe. »

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