GOKTHE, II, p
La Navigation ^ est le fruit d'une inspiration analogue. On connaît l'occasion, l'application directe de l'allégorie à sa vie. Gœthe l'écrit dans les premiers mois de son séjour à Weimar. L'existence agitée qu'il menait, la carrière nouvelle où il s'engageait, les folies et les excès que la renommée colportait en les exagérant, avaient jeté l'inquiétude dans le cœur de ses amis. Devaient-ils renoncer aux espérances qu'ils avaient conçues de son avenir? son génie allait-il sombrer dans cette tourmente? conseils, prières, reproches vinrent s'abattre sur lui. Mais Gœthe, qui ne se sent pas coupable, qui comprend la nécessité de se mêler davantage aux choses de la vie et de s'instruire aux leçons de l'expérience, persuadé que € le talent se forme dans le silence, mais le caractère dans le torrent du monde :», suit sa voie avec une confiance audacieuse, a II tient ferme au gouvernail; avec le navire jouent le vent et les flots, le vent et les flots ne jouent pas avec son cœ^r ; son regard impérieux mesure l'abîme en fureur, et, qu'il échoue ou qu'il aborde, il se fie à ses dieux. ^ yi>
Nous trouvons dans une lettre à Lavater la môme idée exprimée sous la même forme. € Je suis maintenant embarqué sur l'océan du monde, tout résolu à découvrir, à gagner^à lutter, à échouer, ou à me faire sauter dans les airs avec toute la cargaison ^ . »