Seele des Menschen
Wie gleichst du dem Wasser !
Schicksal des Menschen, Wie gleichst du dem Wiud!
en face du Staiibbach, pendant le voyage que fit Goethe, en 1779, en compagnie du duc de Weimar.
Enfin, les deux dernières odes, le Divin et Ma déessey sont l'expression de la pensée déjà mûre du poète, aussi éloigné d'un fol orgueil que d'un mépris injuste pour les belles parties de la nature humaine. La première célèbre la liberté morale, qui est le privilège de l'homme, en face de la fatalité à laquelle est soumis tout le reste de l'univers. La seconde exalte l'imagination, qui, comme la liberté, nous distingue des autres créatures , l'imagination, < celte fille étrange de Jupiter, toujours mouvante, toujours nouvelle, son enfant adoré ^ >.
On le voit, les flots tumultueux de la période de révolution se sont apaisés. L'esprit indépendant et audacieux qui s'agitait dans les premières odes a blessé ses ailes aux barreaux fixés par le Destin ; il s'est résigné à régler son essor, à modérer son vol, à se mouvoir librement dans l'espace qui s'ouvre devant lui, sans tenter de franchir les bornes immuables.
Cette métamorphose dans les idées et les sentiments a gagné le style, les images et jusqu'à la forme rythmique. Le mouvement tumultueux qui entraîne le Chant d'orage 'du Voyageur et le Postillon Kronos, se ralentit dans le Divin et dans les Bornes de Vhumanité. Les images, les métaphores, toutes les hardiesses de la diction qui s^accumulent et s'enchevêtrent dans les premières odes,