‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 61 sur 224 · Goethe, XXII, p. 23S · texte numérisé non relu

Goethe, XXII, p. 23S

2. Nicht in Rom, in Magna Grœcia, X Dir im Herzen ist die Wonne da« i

Gœthe, II, p. 184.

dique. En vrai amateur, Gœthe s'attaque aux sujets les plus difficiles et se voit impuissant à les reproduire. L'inanité de ses efforts vient souvent attrister son âme et abattre son courage. Il emploie alors son remède habituel, celui qui Tavait aidé à guérir des blessures plus profondes, la poésie. Il se délivre de sa tristesse en la chantant :

€ Que te sert l'ardente nature étalée devant tes yeux? » que te servent les œuvres de l'art qui t'environnent, » si la force créatrice, brûlante d'amour, ne remplit pas » ton âme, et ne se communique pas aux extrémités de » tes doigts*? j>

Ailleurs, il représente dans ses strophes ce qu'il ne peut reproduire avec son pinceau, une bataille homérique ou une madone tenant dans ses bras son enfant * ; ailleurs, il exprime l'espoir d'atteindre un jour le but, de voir encore la nature récompenser ses efforts et son attachement, de voir jaillir de ses doigts une œuvre pleine de sève^.

La nature ne répondit pas à son appel ; mais si elle lui refusa le don de créer des œuvres durables dans le marbre ou sur la toile, elle continua à le combler de ses bienfaits en faisant profiter les vers du poète de ces tentatives de peintre et de dessinateur. Son œil, qui, dès son

1 • Was nutzt die gliihcnde Natur

Vor deinen Augen dir, Was nalzt dir das Gebildete Der Kunst rings um dich her, Wenn liebevoUe Schôpfungskraft Micht deine Secle fulît, Und in den Fingerspitzen dir Nicht wieder bildend wird?

Goethe, II. p. 182.

^, Kûnstlers MorgenUed, II, p. 173.

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