‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 62 sur 224 · Kûnsllers Abendlied, II, p · texte numérisé non relu

Kûnsllers Abendlied, II, p

enfance, était « Torgane avec lequel il embrassait le » monde », s'exerça, grâce à ces éludes, à saisir les contours des objets, à suivre le jeu de la lumière, à observer les nuances infinies dont se colorent les choses. Plusieurs d'entre ces poésies sont dirigées contre les critiques, contre les soi-disant « connaisseurs », auxquels manque le sens de Tadmiration, qui, devant les plus belles œuvres de l'esprit humain, ne s'attachent qu'à de légers défauts, à des fautes imperceptibles. Ces critiques froids, hautains, dédaigneux, avaient bien souvent blessé ses sentiments. On se rappelle son désespoir juvénile à Leipzig; à Strasbourg, il écrivait à un ami : « S'il m'est permis de vous donner un conseil, vous trouverez plus de profit à chercher où peut être la beauté qu'à vous demander avec inquiétude ce qu'elle est. Une fois pour toutes, elle demeure inexplicable; elle nous apparaît comme un rêve, quand nous contemplons les œuvres des grands poètes et des grands peintres, en un mot, de tous les artistes sensibles; c'est un simulacre brillant et flottant, dont aucune définition ne peut saisir les contours *. » Dans ses articles des Annonces littéraires de Francfort^ il s'attaque à Sulzer, l'auteur d'une théorie des beaux-arts, et lui reproche de se fermer à force de théories la route de la véritaille jouissance*. Il prend à partie un malheureux professeur d'Iéna, M. Seybold, qui avait cru nécessaire d'excuser les mœurs des héros d'Homère, « au lieu de sentir l'idéal le plus élevé de la nature humaine », et il conclut par ce mot : « Plutôt l'ignorance qu'une pareille science ! » Sans doute, dans les musées, devant les tableaux des maîtres, il dut en-

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