‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 63 sur 224 · Gœtbe, XXXII, p · texte numérisé non relu

Gœtbe, XXXII, p

tendre de semblables jugements, et c'est un critique de cette espèce qu'il nous présente dans le Connaisseur et V Enthousiaste^.

Celui-ciy qui n'est autre que Gœthe lui-même^ conduit d'abord son ami, le connaisseur, chez sa maîtresse. Tandis que ses sens bouillonnent en présence de tant de beauté, d'une vie si riche et si jeune, « l'autre lève le nez, il la regarde fixement, il l'observe de toutes parts ».

« Le cher monsieur, pour tout remercîment, me mène » dans un coin et me dit qu'elle est par trop svelte et j» qu'elle a des taches de rousseur. Alors je dis adieu à )» ma mignonne, et, en partant, je levai les yeux au ciel : » Ah! Seigneur Dieu, ah! Seigneur Dieu, ayez pitié de j» ce monsieur! :»

Ensuite ils visitent ensemble le musée de la ville : même différence d'impressions et de jugements.

« Là, j'éprouve aussitôt je ne sais quoi ; tout mon cœur » est saisi. peintre, peintre, m'écriai-je, que Dieu te » récompense pour ta peinture ! La plus belle fiancée 3> pourra seule te payer pour nous. »

> Cependant monsieur faisait sa ronde, et se curait

> les dents, et m'enregistrait dans un catalogue mes fils » de dieux. Mon cœur était aussi plein, aussi oppressé, » que s'il eût porté cent mondes en lui. Pour lui, il trou- » vait ceci trop long, cela trop court ; il pesait tout fort

> posément.

» Alors je me jetai dans un coin ; les entrailles me

> brûlaient. Et les gens se rassemblaient autour de lui

> et l'appelaient un connaisseur^. »

Page 1