‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 64 sur 224 · Goethe, II, p · texte numérisé non relu

Goethe, II, p

2. ... .Er spitzt die Nase, er stiert sie an, Betracht sie heriiber, hinûber. • . •

Cette antithèse si vivement conduite, exposée dans ce même style cru, familier, haut, en couleur, nous montre bien le caractère de Gœthe à cette heureuse époque. C'est une grande sensibilité, une admiration féconde qui le porte à s'assimiler tout ce qui est beau, vivant, élevé; un besoin d'expansion et d'amour qui éclate en toute occasion, dans ses entretiens avec Lavateret Jacobi, dans ses lettres à Charlotte Buff et à Auguste de Stolberg, dans Werther^ dans Faust, dans ses poésies, jusque

Ber liebe Herr fiir allen Dank Fiihrt mich drauf in eine Ëcken, IJnd sagt, sie wâr doch allzu schiank, Und hait* auch Sommerflecken .

Da nahm ich von meinem Kind Adjeu, Und scheidend sah ich in die Hôh :

Ach Herre Gott! ach Herre Gott !

Erbarm' dich doch des Herren!

Da fiihrt* ich ihn in die Galerie

VoU Menschengluth und Geistes;

Mir wird's da gleich, ich weiss nicht wic,

Mein ganzes Herz zerreist es.

Maler! Maler! rief ich laut,

Belohn* dir Gott dein Malen!

Und nur die allerschônste Braut

Kann dich fur uns bczahlen.

Und sieh, da ging mein Herr herum,

Und stochert sich die Zâhne,

Registrirt in Gatalogum

Mir meine Gôttersôhne.

Mein Busen war so voll und bang,

Von hundert Welten trâchtig,

Ihm war bald was zu kurz, zu lang,

Wâgt ailes gar bedâchtig.

Da warf ich in ein Eckchen mich, Die Eingeweide brannten.

Um ihn versamraelten Mânner sich, DiQ ihn einen Kenner nannten»

POÉSIES SDR L'ART. 101

dans ses critiques. Il était las des théories pédantes et des sèches analyses, avide d'admirer le beau et de répandre son admiration, impatient de faire jaillir la poésie des émotions naïves du cœur et des incidents variés de la vie.

Les idées de Goethe sur l'art et sur la poésie se modifièrent peu à peu avec les années. En même temps que ses passions s'apaisaient, que les nuages sombres ou dorés de sa jeunesse se dissipaient devant la clarté d'une raison plus mûre, un art plus calme, plus délicat, plus idéal, prit le dessus. Son Iphigénie ne devait prononcer aucune parole qui fût indigne de la Sainte Agathe de Bologne ^ ; à Rome, les statues antiques, les peintures de Raphaël et de Michel -Ange achevèrent d'entraîner son goût dans une autre voie où ne pouvaient le suivre aussitôt ceux qui avaient applaudi ses premières œuvres. Aussi, à son retour d'Italie, devint-il un des principaux défenseurs de la sculpture antique, de la peinture italienne.

€ Homère est nommé dès longtemps avec honneur, et » maintenant Phidias aussi est devenu célèbre. Désormais » rien ne lutte avec eux : que cela ne fàchc personne*...

» Imitation de la nature... de la belle nature... Moi » aussi, j'ai suivi cette voie; j'ai voulu accoutumer peu à » peu mon goût à s'y plaire, mais aussitôt que je fus un » homme, je ne vis plus que les Grecs ^ . »

Page 1