Wie aber kann sich Hans von Eyck
Mit Phidias nui* messen? »
Ihr miisst, so lehr' ich, alsoglcich Einen um den andern vergessen.
Dcnn wart ihr stets bei Einer geblieben, Wie kônntet ihr noch immer lieben?
Peu de paroles jettent une lumière aussi vive sur la nature de Goethe. Ces vers éclairent à la fois ses défauts d'homme et ses qualités d'artiste. Dans le cours .de son existence il se laissa séduire tour à tour par la candeur de Frédérique, par la grâce naïve de Charlotte, par l'aimable beauté de Lili, par l'élévation d'esprit de madame de Stein , par les charmes de Christiane Vulpius. Nous pourrions aisément prolonger l'énumération et y introduire Minna Herziieb, Marianne de Villemer, Ulrique de Levezow, d'autres encore. 11 semble qu'à chaque fois son cœur ait été pris pour toujours et qu'il ait murmuré ce mot d'éternité que se répètent, en leur heure de première ivresse, Alexis et Dora, Faust et Marguerite. Chaque fois sa passion était vive, elle secouait son être entier; tout nous le confirme, ses lettres et ses vers, et les témoignages de ceux qui l'environnent; mais une fois le par fum respiré, son amour se fanait rapidement, et l'image adorée se détachait de son âme.
Une passion si prompte, un si facile détachement ont attiré à Goethe bien des jugements sévères qui de l'homme ont rejailli sur le poète. Et pourtant c'est cette souplesse d'esprit et de cœur qui lui a permis de varier ses accents, d'être sincère et naturel dans toutes ses métamorphoses. On se rappelle les colères de Werther contre les expressions atténuantes qu'Albert accumule dans la conversation. Gœthe ne connaît pas de semblables scrupules. Stendhal prétend qu'c il n'y a rien au monde d'intolérant comme l'homme sensible »; on pourrait ajouter : sauf l'homme sensible doublé d'un artiste ou d'un poète.
Das ist die Kunst, das îst die Welt, Dass eins uins andere gefâUt.
Goethe, II, p. 190.
< Quand le moulin du poète chemine, ne l'arrête pas : ( qui vient une fois à nous comprendre nous pardonnera aussi ^. »
Cette absorption momentanée de Tesprit au profit d*une seule idée est la condition même de l'art. Qu'importent au poète les contradictions auxquelles l'expose sa vivacité d'expression ? c'est au philosophe à concilier toutes ses conceptions sur le monde ; quant à lui, il réfléchit dans ses vers les impressions qu'il reçoit, et si ces impressions sont contraires, il les réfléchit tour à tour. Car les unes et les autres sont sincères; elles sont l'expression de la vérité au moment où elles occupent son âme.
La Mission poétique de Hans Sachs (1776) couronne les poésies de Goethe sur l'art. Après avoir célébré la peinture et la sculpture, il rend un hommage ému et brillant à l'art où il n'est pas seulement un amateur passionné, mais un génie créateur, à la poésie. Cet hommage n'est pas direct; ce n'est pas un éloge abstrait ni une analyse didactique; il se dissimule sous la forme agréable d'un récit.
. Goethe met en scène un poète du seizième siècle fort