Wenn des Dichters Miihle geht
Halte aie nicht ein; Denn wer einmal uns versteht, Wird unsauch verzeihn.
Goethe, IV, 14.
apprécié de la nouvelle génération pour son amour de la réalité, pour sa bonne humeur, surtout pour sa langue rude, cordiale, nourrie de locutions populaires, — c'est le cordonnier-poète Hans Sachs. Il feint d'avoir sous les yeux une gravure sur bois représentant la mission poétique de cet illustre maître-chanteur et de nous en donner l'explication comme ferait un cicérone émérite. Ne craignez point de le voir s'égarer en des descriptions techniques, languissantes, inanimées. Son instinct et le Laocoon de Lessing l'ont toujours sauvé de ce péril ; il introduit dans sa peinture la suite et la gradation nécessaires à l'intérêt du récit; il déroule successivement ce que la gravure nous montre simultanément.
A-t-il su éviter un second piège dans lequel son caractère l'exposait davantage à tomber? est-ce bien la figure souriante, bourgeoise, naïve dans sa malice, de l'auteur des fabliaux et des moralités? ou bien le penchant de Gœthe à se peindre lui-même l'a-t-il entraîné une fois de plus, et le portrait de Hans Sachs n'est-il qu'un masque derrière lequel apparaît encore la physionomie du poète de Faust? çà et là nous croyons reconnaître ce dernier. N'est-ce pas lui qui « a ce regard sincère et pénétrant, » cette sympathie pour les choses, qui les lui fait saisir » avec pureté et clarté, de façon toutefois à tout s'appro- » prier* »? Wieland, dans une poésie contemporaine consacrée à la louange de Gœthe ^, célèbre de même cette faculté de saisir les objets et de les reproduire en
i. Er hait ein Auge trcu und klug
Und wâr anch liebevoU genug, Zu schauen manchet) klar und rein, Und wieder ailes zu machen sein.