‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 68 sur 224 · Wieland, An Psyché · texte numérisé non relu

Wieland, An Psyché

les transfigurant, en les marquant de son empreinte personnelle ; il nous le montre « peignant d'une façon si » belle, et toujours sans embellir, avec une étonnante » vérité, avec tant de nouveauté, et pourtant avec une )) fidélité qui reproduit trait pour trait ses modèles^ ».

Mais, après tout, c'est peut être là une coïncidence fortuite, et ces traits, pour convenir à Goethe et pour le définir en quelque sorte, n'en appartiennent pas moins à tout poète qui s'est attaché à la peinture de la réalité. A ce compte, ils ne sont pas étrangers à Hans Sachs. Si celui-ci n'a pas toujours digéré la matière de ses chants, s'il ne s'est pas toujours assimilé autant qu'il aurait dû ses sujets poétiques, c'est lé privilège du génie reconnaissant, qui a l'ambition d'élever dans ses vers un monument à la gloire de son ancêtre, d'idéaliser les traits de son modèle et de rejeter dans l'ombre et dans l'oubli les parties les moins belles du visage qu'il représente. Il suffit que l'ensemble du portrait soit fidèle, et que la ressemblance en soit parlante, — et c'est le cas du Hans Sachs que Goethe nous met sous les yeux.

Nous le voyons un dimanche matin dans son atelier, portant un pourpoint de fête propre et net, se reposant, ainsi que ses outils, du labeur de la semaine.

€ Aussitôt qu'il sent le soleil printanier, le repos lui }> suscite un nouveau travail; il sent qu'un petit monde » couve dans son cerveau ; que ce monde commence à » travailler et à vivre, et que volontiers il lui donnerait » l'essor...

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