Hans Sachs, Œuvres publiées par Keller, Vil, p
pour entretenir sa sérénité d'âme et cette joie de vivre et de produire sans laquelle toute œuvre de poésie languit et se flétrit^
^« ...Doch dass das Leben, das dich treibt,
Immer bei holden Kiâften bleibt,
Uab irh deinem innern Wesen
Nahrung und Balsam auserlesen,
Dass deine Seel sei wonnereich
Einer Knospe im Thaue gleich.
Da zeigt sie ihra hinter seinem Haus
Heimlich zur Hinterlhiir hinaus,
In dem eng umzâumtem Garleii,
Ein holde» Mâgdiem sitzend warten
Am Bâchlein, beim HoIIunderstrauch;
Mit abgesenktem Uaupt und Aug,
Sitzt unter einem Apl'elbaum
Und spâht die Welt rings um sich kaum,
Hat Rosen in ihren Schooss gepfluckt,
Und bindct ein Krânziein sehr geschickt, Mit hellen Knospen uud Blâttern drein :
Fur wen mag wohi das Krauzel ^ein?
So sitzt sie in sich seibst geneigt, In HoffnungsfuUe ihr Buseu sleigt, Ihr Wesen ist so ahndevoU, Weiss nicht was sie sich wiinschen soU, Und unter vicier Grillen Lauf Steigt wohl einmal ein Seufzer auf.
Warum ist deine Stirn so trub ?
Das was dich drânget, susse Lieb, Ist voile Wonn* und Seligkeit, * Die dir in Einem ist bereit, Der manches Schicksal wirrevoU An deinem Auge sich lindern soll ; Der durch manch wonniglichen Kuss Wiedergeboren werden muss; Wie er den schlanken Leib umfasst, Von aller Mûhe findet Rast; Wie er ins liebe Aermlein sinkt, Neue Lebenstag* und Krâfte trinkt.
Und dir kehrt neues Jugendgluck.
Deine Schalkheit kehret dir zuruck.
« ... Afin que la vie qui t'aiguillonne garde toujours sa » force heureuse, j'ai choisi pour ton cœur le baume et la y> nourriture, en sorte que ton âme nage dans les délices » comme un bouton dans la rosée. »
» Alors elle lui montre derrière sa maison, secrètement, j> par la porte de derrière, dans le jardin à l'étroite clô- » ture, une gracieuse jeune fille, assise dans l'attente, au » bord du ruisselet, près du buisson de sureau; la tête et » les yeux baissés, elle est assise sous un pommier, et re- » marque à peine le monde autour d'elle; elle a cueilli des » roses dans son giron et tresse de ses mains habiles une if petite couronne entremêlée de boutons vermeils et de » feuillages.
« Pour qui sera-t-elle, cette couronne ?.... Ainsi elle y> reste assise, pensive et recueillie; son sein se gonfle » d'espérance; son être est plein de pressentiments; elle 7> ne sait ce qu'elle doit désirer, et parmi tant de rêveries y> s'exhale sans doute un soupir.
a Pourquoi ton front est-il sombre ! Ce qui oppresse ton 3> cœur, douce enfant, c'est une abondance de joie et de }> félicité, pour toi toute prête chez un ami, qui se consolera » dans tes yeux de maintes fortunes contraires; que mille » baisers délicieux rappelleront à la vie. Qu'il presse un » jour dans ses bras ton corps si souple, il goûtera l'oubli » de toutes ses peines; qu'il 3'abandonne à tes étreintes, » il y puisera une vie et des forces nouvelles, et il t'en re- » viendra un nouveau bonheur de jeunesse; elle reviendra, D ton humeurfriponne. Par mainte agacerie, par mainte es-
Mit Necken und manchen Schclnierciea Wirst ilin bald plagen, baU erfreuen.
So wird die Liebe nimmcr ait, Und wird der Dichter tiimmer kalt!
POÈME SUR HANS SACHS. Ii5
» pièglerie,tu le tourmenteras et tu l'amuseras tour à tour. > Ainsi Tamour ne vieillit jamais et le poète n'est jamais » froid. y>
Nous ne savons dans quelle mesure cette délicieuse esquisse reproduit les traits de l'épouse de Hans Sachs, de Cunégon de Creuzer. Quoi qu'il en soit, c'est une description faite avec amour, animée par les observations personnelles de Gœthe sur les figures féminines qui ont touché son cœur.
Parmi les femmes qui jouent un rôle important, soit dans la vie, soit dans la poésie de Gœthe, on peut distinguer deux caractères principaux, opposés l'un à l'autre. Ce sont, d'une part, les femmes supérieures par l'esprit et par l'intelligence, dotées par la nature de toutes les qualités désirables dont la plus délicate culture a rehaussé l'éclat, belles, nobles, gracieuses, l'àme ouverte aux émotions de l'art et de la poésie, sachant penser et vouloir, parfaites, en un mot, si le développement harmonieux de nos facultés mérite ce beau nom de perfection ; c'est madame de Stein, c'est la princesse d'Esté, c'est la Nalalie de Wilhelm Meister.
Et pourtant, si nous admirons ces figures d'une distinction si rare, nous sommes attirés et séduits davantage par un autre groupe de femmes d'apparence plus humble et d'origine plus modeste. Elles ne s'élèvent pas, ces dernières, à des contemplations aussi hautes; elles ne peuvent pas vous rendre compte en un langage harmonieux de leurs plus secrètes émotions; elles s'extasient devant vos connaissances et votre faconde sans songer à les contrôler; leur regard étonné semble vous dire : « Grand Dieu ! comme un pareil homme peut tout penser, tout au monde! Je reste confuse devant lui et dls« oui » à toutes
ses paroles. Je suis pourtant une pauvre enfant ignorante; je ne comprends pas ce qu'il trouve en moi*. > C'est cette ignorance, cette absence d'analyse, cette inconscience d'une âme incapable de se dédoubler et de s'observer qui donne à ces figures ce charme attendrissant, irrésistible, d'autant plus puissant sur les cœurs virils qu'il est fail d'abandon et de faiblesse. La fiancée, la jeune femme de Hans Sachs, telle que Goethe nous la dépeint, appartient à la famille des Frédérique, des Claire, des Marguerite. Le parfum qu'exhalent ces belles fleurs idéales ou humaines n'est si délicieux que parce qu'elles l'ignorent elles* mêmes et qu'elles s'interrogent avec défiance : « Je ne comprends pas ce qu'il trouve en moi. > La violette nous charmerait-elle encore, si elle savait qu'elle est violette?