Auf der Welle blinken
Tausend schwebende Sterne; Weiche Nebel trinken Rings die thiirmende Ferne; Morgenwind umfliigelt
Die beschattette Bucht, Und im See bespiegelt Sich die reifendc Frucht.
retour de la joie atténuée à laquelle ne convient plus la vive allure de Tiambe.
La beauté du paysage ne devait pas triompher toujours de rimage de Lili. Sur le lac de Zurich, la fraîcheur, la nouveauté de la sensation avait pu chasser le souvenir : il revint plus vif et plus persistant. Déjà, sur la cime d'une montagne qui domine le lac, avant de s*engager jdans la vallée de Schindeleggi, Gœthe s'était écrié :
(( Chère Lili, si je ne t'aimais pas, quelle volupté je goû- :» terais à ce spectacle ! Et pourtant, Lili, si je ne t'aimais » pas, que serait, que serait mon bonheur M i>
Néanmoins, il avait continué sa course. Avec un nouvel ami. Passavant, qui à Zurich avait succédé aux Stolberg, il visita Ëinsiedlen, fit l'ascension du Rigi, traversa le lac des Quatre-Gantons, monta la vallée de la Reuss jusqu'à l'hospice du Saint-Gothard. La descente vers l'Italie les tenta : Passavant pressait son ami de visiter avec lui la terre des orangers; lui-même était impatient de lavoir : c'est alors qu'une lutte violente s'engagea dans son cœur. Aller en Italie, c'était renoncer à son amour; revenir sur ses pas, c'était (il pouvait le croire) unir sa destinée à celle de Lili. Un petit cœur d'or qu'il avait reçu d'elle était suspendu à son cou. Il le prit et le baisa :
€ Souvenir des joies évanouies, ô toi que je porte tou-
> jours à mon col, nous enchaînes-tu tous deux plus long-
> temps que le lien des âmes? prolonges-tu les jours
> fugitifs de l'amour?